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L’Unique

 

L’aube est passée,

et celui qui T’aime est encore là,

versant des larmes,

ô Toi pour qui ma mort

dans la soif de Son amour

est aussi ma vie.

 

Tu m’as fait boire une gorgée

dans la coupe de Ton amour,

Ivre de Lui,

ma mort en Lui est devenu délices.

 

Ô mon Bien-Aimé,

le psalte a chanté les litanies

de Tes différents Noms,

et dans la douceur des chants

l’émotion m’a ravi.

 

Mon âme s’est tendue vers l’Unique,

agréable est mon tourment,

et, du plus profond de mon cœur,

montent les soupirs.

 

Toi qui me blâmes de tant souffrir,

modèle ton zèle à me blâmer,

car en Lui,

agréable est mon déchirement,

agréable est cette douleur

qui naît de la séparation.

 

Car, du baume de Ses paroles

Il a poli mon cœur,

à tel point que mon être

s’est fait miroir limpide

de Son amour.

 

C’est à vous, ô mes seigneurs,

c’est par vous,

c’est par votre mérite

et votre beauté

que la flamme de ma lampe

 a jeté son éclat.

 

Avant même que Tu rassembles

les parties de mon être,

Tu m’as fait entendre

Tes paroles.

Avant même que Tu me places

au centre

des six lieux de l’espace,

oui, certes, au centre

de tous les lieux qui m’environnent !

 

J’ai témoigné

qu’Il est l’Unique,

après avoir considéré

Sa perfection

et les effets de Sa bonté

dans tous les états

où je me suis trouvé.

 

J’ai frappé à Ta porte

ô Seigneur mien,

à cause de ma misère.

Que de mendiants qui frappent

eux aussi à Ta porte

as-tu enrichi de Tes dons,

en exauçant ma prière !

 

Traduit de l’arabe par René R. Khawam

in, « La poésie arabe des origines à nos jours »

Editions Phébus, 1995