Venaille_1_article[1]© Jacques Sassier

 

Malade à en vomir des pierres

A en cracher de longs sanglots de sang

Mais demeurer debout sans soutien de

Quiconque Ah Désert de l’âme Cou-

Rage la rage court & plus que cela

A donner la nausée aux rats ceux-là

Qui avaient tout prédit vous dis-je

Dis-je jusqu’au moindre dé-Tail pas

Ordinaire, anormal ce sang le long

De la fissure Malade à en crier d’âme

De corps à en être, d’émotion : Aimos

Je pense à vous, mort sur les barricades

porte-bonheur au tour de main 

 

 

Faces de crachats qui, d’elles-mêmes

Détournaient leurs regards comme

Gênées Je nomme ici crachats tout

Ce qui mène enquête sur l’état de mes

Nerfs Ô ce regard in-quisiteur de Qui

Juge mentalement ce qu’il appellera

L’examen clini-Que Ca ne laisse

Rien au hasard Tout sera servi

Gras de graisse contre Moi qui

Vais encore me brûler la gueule avec

Leurs crachats leurs glaires leur pus de

Bouche Auriez-vous remarqué comme

Elle sent fort des os leur médecine ?

 

 

Laissez-moi une fois encore proférer

Mes injures mes cris de gorge Laissez-

Moi improviser avant que ne débute

Mon Thrène (en langue allemande) ô

Laissez-moi marmonner. Psaumes

Vous en prie Je sais que cela tient du

Blasphème de l’outrage public c’est cer-

Tain Laissez-moi il faut parfois si peu

Pour ne plus craindre cette solitude

Urbaine J’y suis Urbain c’est le nom

Que je cherchais ! Le nom du médecin

Souverain, celui qui dans l’anus

Des chevaux souffle, siffle et sonde.

 

Chaos

Editions du Mercure de France, 2007

Du même auteur :

 la tête contre la vitre… » (26/02/2016) 

 « Ainsi nous portons tous… » (26/02/2017) 

« Le marcheur d’eau… » (26/02/2018)

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