essenine_russie[1]

 

Trente-six

 

Par la Russie errante

il est

plus d’une sente.

A chaque pas,

une tombe.

A chaque lieue,

une croix.

Jusques au Iénissey

on peut compter

– je sais –

six mille un tumulus,

et plus.

 

Le roc bleu de l’Oural

comme un sac

de pierrailles

en travers s’est couché

Au-delà, bruit la Taïga,

sa neige, où s’enfonce

le pas ;

essaye donc d’y marcher.

 

Heureux qui, entraîné

à la dure,

connaît

l’ouragan sibérien.

Mais si tu es faible

et las,

et que tu tombes,

que soit ton gîte,

le loup viendra chanter ton glas.

 

Bourrasque et vent

hurlant.

D’un pas pesant et lent

marche le convoi.

Mais les fusils sont prêts,

si tu veux t’échapper

ne tiens pas à ta peau.

 

Le soldat et le banni

ne sauraient être

amis,

ni se donner la main.

Lui aussi est un prisonnier

s’il ne tire pas

le premier

il sera fusillé demain.

 

Mais ne te tourne pas

vers lui.

Que meure plutôt

celui

qui mène son frère en

enfer.

Non, file dans le bruit

des fers.

....................................................

Va toujours de l’avant

dans la tempête

de vent.

Au-delà de l’Oural

dans ton pays natal

il est une maison,

steppe et marais autour,

par la vitre

d’azur

la lune joue du violon.

On n’y est pas

si mal ?

 

Cette chanson me plaît,

qui n’en est pas

ravi ?

Elle parle de la vie.

- Au-delà de l’Oural

un hêtre fier

étale

ses branches dans la lueur

lunaire

des chaumières.

 

Là-bas,

chez tes parents

une jeune fille

en blanc

gracieuse t’attend.

Comme le mois de mai

de lilas embaumé,

comme un pays

aimé,

Dis, n’es-tu pas charmé ?

 

Bourrasque et vent

hurlant ;

d’un pas pesant et lent

marche le convoi.

Mais les fusils sont

prêts.

Si tu veux t’échapper,

ne tiens pas à ta peau.

 

Un fin duvet qui

transit.

C’est dur de marcher

ainsi

dans la neige et le vent

et dans le bruit

des fers.

Mais si tu aimes

le jour

est-ce que tu préfères

moisir

à Schlisselbourg ?

 

Là, en heurtant les murs

tu te promènes,

dur

et la rage au cœur,

comme un bête

en cage.

 

Toujours même pensée :

« Dans mon pays,

qui sait,

quelque chose a changé ?

Peut-être dans les chants

des bourrasques de vent

ton seul ami est mort,

ton ami ou ta mère ? ».

- Une pensée qui vrille :

« arracher cette

grille,

et filer dans les

champs. »

 

Mais l’heure de prison

est lente.

La sentinelle,

vigilante.

Et si tu veux savoir

les dangers d’un

départ,

écoute cette histoire.

 

Ils étaient trente-

six

pas moyen d’être

assis

dans le cachot étroit.

Autour de la prison

la neige en tourbillon

monte aux créneaux

des tours

massives de

Schlisselbourg.

 

On les avait jugés

parce que fiers et

courageux.

Et qu’une rage

vaine

de la misère humaine

pour les opprimés et les sourds

les soulevait

d’amour.

 

Assurément, tu te

souviens,

de cette orageuse année

Cinq.

Lorsque derrière les

barricades,

par les fenêtres des

façades,

dans une rage

incoercible

les frères se prenaient pour

cible.

 

Et l’on défendait

la loi,

esclave adorant son

roi ;

l’autre voulait le démolir,

ce trône

qu’il apprit à haïr,

avec ces sbires et ces prisons.

Vraiment,

n’avait-il pas raison ?

 

Tu te souviens sans doute aussi

- c’était courant de ce temps-ci –

quand le Cosaque faisait

claquer

son fouet sur un peuple traqué.

Alors, de ceux qui se

courbaient,

occiputs et

dos voûtés,

s’écoulait un pavot sanglant.

 

Je sais tu gardes

dans ton cœur

le souvenir d’une neige

en fleur.

Lorsqu’on était

gamin

on en venait

aux mains,

on se cassait le nez

de toutes les façons,

garçon contre garçon.

Mais j’ignorais alors

ces fleurs

rouges

de la douleur.

 

J’étais encore jeune

et sot

et je n’avais pas lu

un mot.

Mais si je « les » avais vu

faire,

crois-tu que j’aurais pu

me taire ?

 

Ils étaient

trente-six,

par la haine

durcis.

Chacun avait quitté

son toit,

les saules sur l’étang,

le bois,

mais on gardait

le souvenir.

 

Le gouverneur les fit venir

un jour et dit :

« Vous êtes

trop,

et à l’étroit dans ce cachot.

Je garderai cinq

au hasard

et pour les autres –

le départ. »

 

Champs de neige,

cliquetis d’enfer,

le wagon fonce,

bardé,

de fer,

la locomotive ronge

les rails.

Est-ce que tu songes

à demander

où on les mène,

comme du bétail ?

 

Par la Russie errante

il est

plus d’une sente.

A chaque pas,

une tombe.

A chaque lieue,

une croix.

Jusques au Iénissey

on peut compter

– je sais –

six mille un tumulus

et plus.

 

Le train roule

à toute vapeur,

au cœur de chaque,

vrille la peur :

« Ainsi, de ce bracelet

ornés,

on nous mène, pour des

années,

à des lieues du pays

natal,

trimer aux mines de

métal.

 

Il se peut qu’il arrive

un jour

qu’un de ces lingots,

sans amour

arrachés par mon pic au sol,

par un jeu de la chance

folle,

soit un anneau d’or

là-bas,

que ma fille

portera au doigt ? »

 

 

Champs de neige,

cliquetis d’enfer,

le wagon fonce,

de fer.

 

Le trente et unième s’est

dressé

et dit, tout bas :

« J’en ai assez.

La nuit pour moi

est sans sommeil ;

Je n’attendrai pas

le réveil.

 

J’ai décidé fermement

de fuir

et c’est le moment.

La nuit est sans lune,

Vous

me hisserez jusqu’au

trou.

Le soupirail est assez

large.

Quant à la grille,

je m’en charge...

Le bruit du vent

me couvrira

mais, cachez-moi,

encadrez-moi. »

 

Les trente alors se sont

massés

autour de lui,

en rangs pressés,

comme s’ils discutaient

du temps,

comme s’ils écoutaient

le vent...

 

- Mais peut-être

vous semble-t-il

que filer de nuit

est facile ?

 

Ils étaient cinq

là-bas.

Chacun sur son

grabat,

givre aux fenêtres,

dehors - verglas.

Et le vent sonne

comme un

glas,

se brise aux angles

des tours

massives de

Schlisselbourg.

Seulement, on n’y dort

pas.

 

Peut-on dormir,

troublé

par la vision

des blés,

de la vieille

treille,

d’un jour tout bleu

où l’on

marche dans les sillons ?

 

Heure douce,

crépusculaire.

Une cloche sonne,

clair,

sept coups.

La lune rousse

est large.

 

Oh, rêvasser ainsi, en marge,

sans soulever les paupières...

Mais au dehors

il a neigé

sur le rebord

de la fenêtre.

Un duvet léger,

menu,

ami triste du détenu.

 

Que ce soit nuit

ou jour

un seul désir

toujours,

une pensée qui vrille :

« Arracher cette grille

et filer dans le champs.»

 

Le cinquième, las de

languir,

trouve une lime

et sans faiblir

à longueur de nuit

gratte.

La sueur coule.

Il se hâte.

 

Un jour de corvée

de bois,

il a glissé

tout droit,

juste dans le fossé.

On se rue, on se regarde,

déjà accourt

la garde.

- Mais il est sur la

glace,

il a pris

de l’espace

et lance son

adieu.

 

Les jours filent,

où ?

Le temps est comme

une roue.

Par une bourrasque

de janvier

ils sont encore retrouvés,

dans la cellule 42.

Alors, les yeux

dans les yeux,

le trente et unième a dit

au cinquième :

« Mon vieux,

il est au voisinage

d’Ob,

un tout petit village,

Top,

Et une fameuse

gare,

J’en garderai

la mémoire.

 

On ne vit qu’une

fois.

Je n’aime pas,

ma foi,

vivre de souvenirs.

Le stupide fermier sibérien

est méchant comme un

chien,

sournois comme le diable,

il te vendrait pour

rien...

La mémoire est vaine

comme une blanche

plaine...

Mais je sais très bien

que, même sans rêver,

par le froid et le

gel,

on trouve la vie belle,

allongé dans le foin. »

 

Le cinquième répondit :

« J’ai quarante ans,

vois-tu,

mais mon démon

est là,

et je n’ai pas changé,

quel que soit le

danger,

le large me séduit

par une belle

nuit,

voilà !

J’ai peu

à raconter.

D’ailleurs, je suis

resté

une heure en liberté

dans mon trou,

à écouter le vent

et à rêver

avant

que le garde ne me

trouve.

 

Ciel maussade et gris

d’orage.

La terre est lourde de nuages.

Tu te souviens aussi,

sans doute,

de l’année Dix-sept,

où leurs routes

se sont à nouveau

dispersées.

Chacun a retrouvé

son toit,

les saules, l’étang

le bois,

la lune rousse et

le hêtre.

Mais il n’a pu

reconnaître

ceux que mon cœur

cherchait.

 

Ils étaient trente-

six,

par la haine,

durcis.

Chacun en ces jours

d’Octobre

partit venger

l’opprobre

et balayer

à jamais

le trône et ceux qui le

servaient.

 

 

Les jours filent

si vite.

Ils se sont retrouvés.

Ils habitent

chacun

dans sa maison neuve.

On y vit couché,

on y rêve,

éteignant la lueur des yeux.

 

Ciel clair et bleu

de rêve

La vie coule son fleuve.

Chacun

largue ses voiles.

Chacun

a son étoile

sa force,

ses faiblesses...

D’autres chansons naissent...

 

Mais nous chanterons

toujours celle-ci :

« Ils étaient trente-six. »

 

Traduit du russe par Gabriel Arout

In, « Quatre poètes de la révolution »

Les Editions de Minuit, 1967

Du même auteur : La confession d’un voyou (21/08/2021)

 

Поэма о 36

 

Много в России

Троп.

Что ни тропа –

То гроб.

Что ни верста –

То крест.

До енисейских мест

Шесть тысяч один

Сугроб.

 

Синий уральский

Ском

Каменным лег

Мешком,

За скомом шумит

Тайга.

Коль вязнет в снегу

Нога,

Попробуй идти

Пешком.

 

Добрó, у кого

Закал,

Кто знает сибирский

Шквал.

Но если ты слаб

И лег,

То, тайно пробравшись

В лог,

Тебя отпоет

Шакал.

 

Буря и грозный

Вой.

Грузно бредет

Конвой.

Ружья наперевес.

Если ты хочешь

В лес,

Не дорожи

Головой.

 

Ссыльный солдату

Не брат.

Сам подневолен

Солдат.

Если не взял

На прицел, –

Завтра его

Под расстрел.

Но ты не иди

Назад.

 

Пусть умирает

Тот,

Кто брата в тайгу

Ведет.

А ты под кандальный

Дзин

Шпарь, как седой

Баргузин.

Беги все вперед

И вперед.

 

Там за Уралом

Дом.

Степь и вода

Кругом.

В синюю гладь

Окна

Скрипкой поет

Луна.

Разве так плохо

В нем?

 

Славный у песни

Лад.

Мало ли кто ей

Рад.

Там за Уралом

Клен.

Всякий ведь в жизнь

Влюблен

В лунном мерцанье

Хат.

 

Если ж, где отчая

Весь,

Стройная девушка

Есть,

Вся, как сиреневый

Май,

Вся, как родимый

Край, –

Разве не манит

Песнь?

 

Буря и грозный

Вой.

Грузно бредет

Конвой.

Ружья наперевес.

Если ты хочешь

В лес,

Не дорожи

Головой.

 

*

Колкий, пронзающий

Пух.

Тяжко идти средь

Пург.

Но под кандальный

Дзень,

Если ты любишь

День,

Разве милей

Шлиссельбург?

 

Там, упираясь

В дверь,

Ходишь, как в клетке

Зверь.

Дума всегда

Об одном:

Может, в краю

Родном

Стало не так

Теперь.

 

Может, под песню

Вьюг

Умер последний

Друг.

Друг или мать,

Все равно!

Хочется вырвать

Окно

И убежать в луг.

 

Но долог тюремный

Час.

И зорок солдатский

Глаз.

Если ты хочешь

Знать,

Как тяжело

Убежать, –

Я знаю один

Рассказ.

*

Их было тридцать

Шесть.

В камере негде

Сесть.

В окнах бурунный

Вспург.

Крепко стоит

Шлиссельбург.

Море поет ему

Песнь.

 

Каждый из них

Сидел

За то, что был горд

И смел,

Что в гневной своей

Тщете

К рыдающим в нищете

Большую любовь

Имел.

 

Ты помнишь, конечно,

Тот

Клокочущий пятый

Год,

Когда из-за стен

Баррикад

Целился в брата

Брат.

Тот в голову, тот

В живот.

 

Один защищал

Закон –

Невольник, влюбленный

В трон.

Другой этот трон

Громил,

И брат ему был

Не мил.

Ну, разве не прав был


Он?

 

Ты помнишь, конечно,

Как

Нагайкой свистел

Казак?

Тогда у склоненных

Ниц

С затылков и поясниц

Капал горячий

Мак.

 

Я знаю, наверно,

И ты

Видал на снегу

Цветы.

Ведь каждый мальчишкой

Рос.

Каждому били

Нос

В кулачной на все


«Сорты».

 

Но тех я цветов

Не видал,

Был еще глуп

И мал.

И не читал еще

Книг.

Но если бы видел

Их,

То разве молчать

Стал?

*

Их было тридцать

Шесть.

В каждом кипела

Месть.

Каждый оставил

Дом

С ивами над прудом,

Но не забыл о нем

Песнь.

 

Раз комендант

Сказал:

«Тесен для вас

Зал.

Пять я таких

Приму

В камеру по одному,

Тридцать один –

На вокзал».

 

Поле и снежный

Звон.

Клетчатый мчится

Вагон.

Рельсы грызет

Паровоз.

Разве уместен

Вопрос:

Куда их доставит

Он?

 

Много в России

Троп.

Что ни тропа –

То гроб.

Что ни верста –

То крест.

До енисейских мест

Шесть тысяч один

Сугроб.

*

Поезд на всех

Парах.

В каждом неясный

Страх.

Видно, надев

Браслет,

Гонят на много

Лет

Золото рыть

В горах.

 

Может случиться

С тобой

То, что достанешь

Киркой,

Дочь твоя там,

Вдалеке,

Будет на левой

Руке

Перстень носить

Золотой.

 

Поле и снежный

Звон.

Клетчатый мчится

Вагон.

Вдруг тридцать первый

Встал

И шепотом так сказал:

«Нынче мне ночь

Не в сон.

 

Нынче мне в ночь

Не лежать.

Я твердо решил

Бежать.

Благо, что ночь

Не в луне.

Вы помогите

Мне

Тело мое

Поддержать.

 

Клетку уж я

Пилой…

Выручил с

Нежный

Вой.

Вы заградите меня

Подле окна

От огня,

Чтоб не видал

Конвой».

 

Тридцать столпились

В ряд,

Будто о чем

Говорят.

Будто глядят

На снег.

Разве так труден

Побег,

Если огни

Не горят?

*

Их оставалось

Пять.

Каждый имел

Кровать.

В окнах бурунный

Вспург.

Крепко стоит

Шлиссельбург.

Только в нем плохо

Спать.

 

Разве тогда

Уснешь,

Если все видишь

Рожь.

Видишь родной

Плетень,

Синий, звенящий

День,

И ты по меже

Идешь.

 

Тихий вечерний

Час.

Колокол бьет

Семь раз.

Месяц широк

И ал.

Так бы дремал

И дремал,

Не подымая глаз.

 

Глянешь, на окнах

Пух.

Скучный, несчастный

Друг,

Ночь или день,

Все равно.

Хочется вырвать

Окно

И убежать в луг.

 

Пятый страдать

Устал.

Где-то подпилок

Достал.

Ночью скребет

И скребет,

Капает с носа

Пот

Через губу в оскал.

 

Раз при нагрузке

Дров

Он поск

Ользнулся

В ров…

Смотрят, уж он

На льду.

Что-то кричит

На ходу.

Крикнул – и будь

Здоров.

*

Быстро бегут

Дни.

День колесу

Сродни.

Снежной январской

Порой

В камере сорок

Второй

Встретились вновь

Они.

 

Пятому глядя

В глаза,

Тридцать первый

Сказал:

«Там, где струится

Обь,

Есть деревушка

Топь

И очень хороший

Вокзал.

 

В жизни живут лишь

Раз,

Я вспоминать

Не горазд.

Глупый сибирский

Чалдон.

Скуп, как сто дьяволов,

Он.

За пятачок продаст.

 

Снежная белая

Гладь.

Вспоминать.

Знаю одно:

Без грез

Даже в лихой

Мороз

Сладко на сене

Спать».

 

Пятый сказал

В ответ:

«Мне уже сорок

Лет.

Но не угас мой

Бес.

Так все и тянет

В лес,

В синий вечерний

Свет.

 

Много сказать

Не могу:

Час лишь лежал я

В снегу.

Слушал метельный

Вой,

Но помешал

Конвой

С ружьями на бегу».

*

Серая, хмурая

Высь,

Тучи с землею

Слились.

Ты помнишь, конечно,

Тот

Метельный семнадцатый

Год,

Когда они

Разошлись?

 

Каждый пошел в свой

Дом

С ивами над прудом.

Видел луну

И клен,

Только не встретил

Он

Сердцу любимых

В нем.

 

Их было тридцать

Шесть.

В каждом кипела

Месть.

И каждый в октябрьский

Звон

Пошел на влюбленных

В трон,

Чтоб навсегда их

Сместь.

 

Быстро бегут

Дни.

Встретились вновь

Они.

У каждого новый

Дом.

В лежку живут лишь

В нем,

Очей загасив

Огни.

 

Тихий вечерний

Час.

Колокол бьет

Семь раз.

Месяц широк

И ал.

Тот, кто теперь

Задремал,

Уж не поднимет

Глаз.

 

Теплая синяя

Весь.

Всякие песни

Есть.

Над каждым своя

Звезда…

Мы же поем

Всегда:

Их было тридцать

Шесть.

 

Август 1924 г.

Poème précédentt en russe :

Guennadi Aïgui / Геннадий Николаевич Айги  : Le dernier départ. 3, 4 / ОСЛЕДНИЙ ОТЪЕЗД. 3, 4 (02/08/2022)

Poème suivant en russe :

Marina Tsvétaïeva / Марина Ивановна Цветаева : « Le jour viendra... » / « Настанет день... » (26/09/2022)