31 juillet 2022

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : Elégie nocturne / Elegia notturna

Elégie nocturne   Peut-être mon seul souvenir : ta joie dans la maison là-bas où le soir apporte l’odeur de la terre et la calme lumière nocturne, c’est ta vraie voix   celle où jeune tu parles sur le visage riant des enfants. Sont passées dans ton regard des nuits limpides au bruissement dru des étoiles, les façades   voilent des maisons blanches, une fontaine vibre d’une eau seule à s’écouter et la ville se déploie au seuil lointain de la mer. C’est l’âme qui vole.   Sans le savoir,... [Lire la suite]
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31 juillet 2022

Walt Whitman (1819 – 1892) : Sur le pont de Brooklyn / Crossing Brookling ferry

© Dragan Ilić | Dreamstime.com   Sur le bac de Brooklyn   1 Marée montante ! Je te regarde en face, à mes pieds ! Nuages à l’ouest, et toi soleil encore haut d’une demi-heure, je suis votre vis-      à-vis.   Foules humaines, femmes et hommes en costumes usuels, ce que vous m’êtes      étranges ! Centaines de centaines qui traversez les bacs au retour, m’êtes mille fois plus      étranges que vous ne l’imaginez, Et vous qui... [Lire la suite]
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30 juillet 2022

Abbas Kiarostami / عباس کیارستمی (1940 – 2016) : « ce soir j’ai rendez-vous... »

Le réalisateur iranien en 2007 à Nice. AFP   ce soir j’ai rendez-vous avec la lune avec la lune pleine à sept heures moins sept * entre la lune et moi il y a une conversation que ni la lune ni moi n’entendons * insomnie par une nuit de lune vaine conversation avec moi-même jusqu’au matin * sous l’essuie-glace de ma voiture un morceau du poème « hiver » avait gelé * sur un terrain couvert de mines des centaines d’arbres couverts de bourgeons * l’herbe nouvelle ne reconnaît pas les vieux... [Lire la suite]
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29 juillet 2022

Louis-Philippe Dalembert (1962 -) : Voyage

Photo Stéphane Haskell    Voyage quand j’étais jeune je rêvais de vivre à Paris New York Rome Jérusalem Dakar ou La Havane maintenant que j’ai vécu à Paris à Rome et à Jérusalem que je connais New York Dakar et La Havane je rêve des lumières absentes de la ville natale   quand j’étais jeune je rêvais de vivre ailleurs partout quelque part dans le monde j’enfourchais alors une branche d’arbre ou l’une des nombreuses étoiles de la nuit caraïbe vaste et profonde comme seule en invente l’enfance ... [Lire la suite]
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28 juillet 2022

Thomas Stearns Eliot (188-1965) : Marina

  Marina Quis hic locus, quae regio, quae mundi plaga?   Quelles mers quelles rives quels rocs gris quelles îles Quelle eau lapant la proue Quelles senteurs de pin et quels chants, dans la brume, de la grive des bois Quelles images s’en reviennent O ma fille   Ceux qui aiguisent la dent du chien, signifiant Mort Rutilent des gloires de l’oiseau-mouche, signifiant Mort Croupissent dans la soue des repus, signifiant Mort Souffrent l’extase des animaux, signifiant Mort   Sont devenus immatériels,... [Lire la suite]
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27 juillet 2022

Anne Bihan (1955 -) : Amer II

Photo G.P.   Amer II   ... il dit je ne pourrais pas vivre sans voir la mer besoin d’eau vive, comment font-ils à l’intérieur des terres pour respirer, mais j’aimerais quand même un jour aller en Bavière et jusqu’au Tyrol parce que la hauteur des Alpes, l’air là-haut sûrement clair comme le nôtre, et c’est entre les deux l’insupportable, les paysages à taille d’homme qu’il tient toujours pour trop petits...   Variation 1   ... il dit ma petite est comme l’eau elle est comme l’eau vive, ne chante pas... [Lire la suite]
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26 juillet 2022

Homère / Ὅμηρος (VIIIème siècle av. J.C.) : « Je restais là debout... »

Homère, par Antoine-Denis Chaudet   Je restais là debout, et j’attendais, jusqu’à ce que ma mère Vint boire mon sang qui fumait, et elle vint, et elle reconnut qui j’étais, Et elle gémit, et elle me dit ces paroles ailées : - « Mon enfant, comment es-tu venu vivant jusqu’aux brumes du Nord ? Il est difficile de les regarder pour ceux qui vivent encore. Il y a d’immenses fleuves et de terribles courants, Et il n’y a point de gué, pour commencer, sur l’Océan, Et il faudrait un solide navire pour traverser... [Lire la suite]
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25 juillet 2022

Anna Waldman (1945 -) : La fissure dans le monde / Crack in the world

  La fissure dans le monde   Je vois la fissure dans le monde Mon corps la pense, il voit la fissure qui s’élargit dans le monde Mon corps le fait pour que je voie Le sang couler par la fissure du corps Corps, envoie-moi tes rivières à la lune Corps tord-moi vers la source de la lune Ca me tord sous une vague Ca installe la structure pour faire un bébé, pour après la démolir encore L’architecture du corps-utérus me hante Il y a toujours quelqu’un qui regarde le flux ancestral Il plie mon esprit en deux Ovule... [Lire la suite]
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24 juillet 2022

João Cabral de Melo Neto (1920 – 1999) : « Sur ce papier... »

  Sur ce papier ton sel peut se faire cendre ; ou le citron devenir pierre ; le soleil de la peau, le blé du corps devenir cendre   (Aussi redoute le jeune matin sur les fleurs de la veille).   Sur ce papier bientôt se fanent les mauves, tièdes fleur morales ; toutes les fluides fleurs pressées ; toutes les humides fleurs du rêve.   (Aussi, attends le jeune matin qui te révèlera les fleurs de la veille).   (Psychologie de la composition)   Traduit du... [Lire la suite]
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17 juillet 2022

Jean-Pierre Siméon (1950 -) : Lettre à la femme aimée au sujet de la mort (XIII – XIX)

  Lettre à la femme aimée au sujet de la mort (XIII - XIX)   XIII Ecoute ô écoute ma jeune ma tendre ma pleureuse il y a lointainement un chant comme un écho des vagues qui battent dans la mer loin une voix qui chante dans le néant   ce n’est pas une image ce n’est pas l’argument de douceur que voudrait le poème je n’invente pas ni ne cherche à faire vivre la mort plus que son dû   nous savons ; il n’y a pas de clémence   mais ô écoute ouvre l’oreille dans la fureur laisse la... [Lire la suite]
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