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Poème fermé

à Théophile Briant

 

Un oiseau invisible existe dans l’espace

Et chaque battement de ses ailes enfante

Un compagnon de vol dans un univers clos.

 

Mon âme dort sous des paupières transparentes.

 

Egypte aux cheveux longs ma sœur en Osiris

Je vais sur ma bruyère en glanant des ibis

En cherchant les morceaux de mon rêve éclaté.

Je ne suis pas de cette histoire sans parole

Qu’on me raconte à la veillée pour m’endormir

Mes aïeux ont tourné la tête du menhir

Mais je connais le sol que ses racines mangent

Et mes fils au sang froid me trahissent tout haut

Machinistes du siècle esclaves de leur peau

A chaque tour de roue ils écrasent un ange.

 

Mon âme ouvre les yeux pour prendre du repos.

 

De son chant l’alouette efface mes péchés

De son aile m’écrit ma juste parole.

Je sais que l’œil de lynx éventre la ténèbre

Que j’ai subi l’affront de vivre sans vertèbre

Que j’ai sept noms cachés dans un de me regards

Que mon cops glorieux n’attend que mon audace

Pour marcher simplement dans un champ de blé noir.

 

Un oiseau divisible existe dans l’espace.

 

A hauteur d'ange

La maison du poète, Dilbeek (Belgique),1955

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