Angel-Gonzalez[1]

Tout cela n’est rien

 

Si nous avions suffisamment de force

pour bien serrer un morceau de bois,

il ne resterait entre nos mains

qu’un peu de terre.

Et si nous avions plus de force encore

pour écraser avec toute notre énergie

cette terre, il ne nous resterait

entre les mains qu’un peu d’eau.

Et s’il était possible aussi

de comprimer l’eau,

il ne resterait alors entre nos mains

rien du tout.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet,

In « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995

Du même auteur :

Monde inquiétant (18/05/2015)   

Synesthésie (18/05/2016)

Anniversaire d’Amour / Cumpleaños de amor (18/05/2017)

Ce sont les mouettes, mon amour / Son las gaviotas, amor. (18/05/2018)

Le vaincu / El derrotado (18/05/2019)

Qu’y pouvons-nous ? (18/05/2020)

Sonnet / Soneto (18/05/2021)

 

 

 

Esto no es nada

 

Si tuviésemos la fuerza suficiente

para apretar como es debido un trozo de madera,

sólo nos quedaría entre las manos

un poco de tierra.

Y si tuviésemos más fuerza todavía

para presionar con toda la dureza

esa tierra, sólo nos quedaría

entre las manos un poco de agua.

Y si fuese posible aún

oprimir el agua,

 ya no nos quedaría entre las manos

nada.

 

Áspero mundo,

Ediciones Rialp, 1956

Poème précédent en espagnol :

Francisco Brines : Vers épiques / Versos épicos (11/05/2022)

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