AVT_Jude-Stefan_496[1]

 

La main d’Emma

 

dans la consommation des siècles et des gestes

à pas de forlane s’avancera l’oubli de mourir

avec ta main (rosie, aimée, baisée) les yeux fixes

à l’écoute de ma débâcle à peine serai-je froid

plus je t’aimais plus en moi s’ouvrait l’abîme

abîme de mes âges et de mes vœux intacte la

jeunesse comme une dague au cœur toi qui m’ap-

pris Emma à méditer sur la théière au lieu

des crânes à feu terrible blanc comme un linge

comme un mort ou comme un drap ou comme ta peur

finie à mon chevet adieu les javas les tangos

                         des feues enfances

 

Neuf poèmes neufs

In, « La Nouvelle Revue Française, N° 282, Juin 1976 »

Du même auteur :

 « les Vieux… » (19/04/2015)

(Messe blanche.) (19/04/2016)

(Memento mori.)  (19/04/2017)

(Ni vie ni mort) (19/04/2018)

Dans les matinées (19/04/2019)

A une lectrice d’arbres (19/04/2020)

Aux îles Fortunées / Antwerpen / Coïmbra (19/04/2021)