paris_1_aile_est_sapho[1]Statue de Sapho par Pierre Travaux, 1859. Musée du Louvre

 

Je ne change point, ô vierges de Lesbos !

Lorsque je poursuis la Beauté fugitive,

Tel le Dieu chassant une vierge au peplos

Très blanc sur la rive.

Je n’ai point trahi l’invariable amour.

Mon cœur identique et mon âme pareille

Savent retrouver, dans le baiser d’un jour,

Celui de la veille.

Et j’étreins Atthis sur les seins de Dika.

J’appelle en pleurant, sur le seuil de sa porte,

L’ombre, que longtemps ma douleur invoqua,

De Timas la morte.

Pour l’Aphrodita j’ai dédaigné l’Eros,

Et je n’ai de joie et d’angoisse qu’en elle :

Je ne change point, ô vierges de Lesbos,

Je suis éternelle.

 

Traduit du grec par Renée Vivien

In, Renée Vivien : « Sapho. Traduction nouvelle avec le texte grec »

Alphonse Lemerre éditeur, 1903

De la même autrice :

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