gibran-1[1]

 

 

Une femme qui tenait un nouveau-né contre son sein dit : Parle-nous des

     Enfants.

Il dit :

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même.

Ils passent par vous mais ne viennent pas de vous,

Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

 

Vous pouvez leur donnez votre amour, mais pas vos pensées,

Cat ils sont leurs propres pensées.

Vous pouvez loger leurs corps, mais pas leurs âmes.

Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,

     pas même en rêve.

Vous pouvez vous efforcer d’être semblables à eux, mais ne cherchez

     pas à les rendre semblables à vous,

Car la vie ne revient pas en arrière et ne s’attarde pas avec le passé.

Vous êtes les arcs à partir desquels vos enfants, telles des flèches vivantes,

sont lancés.

L’Archer vise la cible sur la trajectoire de l’infini, et Il vous courbe de toutes

     ses forces afin que les flèches soient rapides et leur portée lointaine.

Puisse votre courbure dans la main de l’Archer être pour l’allégresse,

Car de même qu’Il chérit la flèche en son envol, Il aime l’arc aussi en sa

     stabilité.

 

Traduit de l’anglais par Anne Wade Minkowski

in, Khalil Gibran : « Le Prophète »

Editions Gallimard, 1992 

Du même auteur :

« A jamais je marcherai ... » (22/01/2020)

« j’aimerai que vous puissiez aller... » (22/01/2021)