loadimg[1]Octobre 2015. Radio Olsztyn

 

Le pêcheur

 

J’ai dit,

Ecoute, je connais le Dieu véritable,

il habite dans une grande ville

pleine de néons, de femmes, et d’autres merveilles.

Son sang bat dans les veines des rues

sur lesquelles il veille. Il a des horloges dans les yeux.

Et son souffle est la musique qui résonne,

puissante, dans les salles de concert,

parle à ma place, parce que je suis le fils de l’homme.

Viens avec moi chercher le royaume !

Mais il n’enleva pas les mains des filets,

il leva seulement les yeux bleus du ciel,

plus haut,

et regarda encore en silence

le vol clair de la mouette tournant dans l’espace

à sa portée.

Quand il chantait des psaumes,

avec les poissons moribonds dans les barques,

c’est lui qui m’a repêché.

Autrefois, dans la nuit, il vint vers moi par les vagues,

et ses pas découvraient dans l’abîme

les étoiles que je ne connaissais pas.

 

Borussia, 1995

 

Traduit du polonais par Frédérique Laurent

In, « Terra Nullius. Une anthologie de la poésie polonaise

contemporaine de Varmie et Mazurie »

Editions Folle Avoine, 35137 Bédée, 2004

Du même auteur :

Gizycko – Arrivée 5.40 (13/02/2016)

Carte postale de Mazurie. Destinataire inconnu (02/02/2017)

 Mazurie paysage d’automne en arrière-plan (12/01/2020)

Au bord de la Krutynia (12/01/2021)