Portrait_of_the_poet_Ilarie_Voronca[1]Huile sur toile de Victor Brauner

 

 

Sous nos fenêtres les jardins dévastés du couchant

L’été avant de s’en aller a laissé ses parures

Je vois plus loin les bagues des vignobles et l’automne

Comme un graveur sur or se penche sur les feuilles.

 

Qu’y aurait-il d’étonnant si tu ouvrais la porte ?

Mon âme est telle que tu l’as laissée en partant

Comme la chambre d’une disparue où tout est à sa place

Pour y trouver ta voix inchangée ton visage.

 

Certes, je ne suis pas seul à regarder ce jour

Qui s’éloigne avec les reflets de septembre

Le soir luit déjà comme un sel sur les routes

Où montent les étoiles et les troupeaux anciens.

 

Allons nous promener encore au crépuscule

Si l’on te croit très loin, si nul ne sent ton souffle

Les cailloux du sentier reconnaîtront ton pas

Sonnant au fond du mien comme un battant de cloche.

 

Contre-solitude

Editions Bordas, 1946

Du même auteur :

Mon peuple fantôme (08/06/2015) 

Eloge du silence (08/06/2016) 

Fragments (08/06/2017)

Mes amis, mes montagnes (08/06/2018)

Amitié du poète (08/06/2019)

« Quand nos âmes seront réunies... » (08/06/2020)

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