52887e0453b5a29fb11e6ee076887b6e[1] Yehuda Amichaï vu par Morag Kligvasser

 

Les mots sont des marches

 

     Quand le gravier cessera de crisser sur les chemins

     j’oublierai jusqu’au rappel de ma peine :

     les mains tendues ver le cœur d’étonnement,

     jardin étendu jusqu’aux limites de la nuit

     une bouche faite pour louer

     embrasse une bouche faite pour la douce complainte.

 

« Viens dans la fraîcheur de ma maison » (ses murs sont épais)

     ainsi l’été est passé.

 

     Le ciel, comme les gens qui bientôt

     vont partir engloutissent

     le miroir doré

     avec des pleurs et leur dernier verre.

 

     Ainsi l’été est passé. Viens

dans la fraîcheur de ma maison.Les mots sont des marches.

 

 

Traduit de l’hébreu par Michel Eckhard et Benjamin Ziffer

in, Revue « Poésie 1, N° 116, Mars-Avril 1984 »

Le Cherche-Midi éditeur, 1984

Du même auteur : « Mon fils a un parfum de paix... » (24/11/2020)