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Ville en moi

(Saint-Jacques)

Ville étrange, belle et laide à la fois.

ROSALIA DE CASTRO, En las orillas del Sar,

« Santa Escolastica », III, 1.

 

 

Je n’ai pas choisi : j’ai ouvert les yeux

et la pluie était la pluie, nuit et pierre, et rien

que l’humide reflet d’une lanterne de gemme ;

je n’y peux rien si mes rêves ont été peuplés

de coups de cloche gris, de mousse, de parapluies

liturgiques, de ces nuages de pierre ;

et je n’y peux rien si cette mélancolie

a été ma patrie de naissance, l’habitude

de mes années sauvages ; et si maintenant

je porte au-dedans de moi cette pluie, pluie

et pluie qui rendait

- ... mardi, mercredi, jeudi... – pensives

les pierres de Saint-Jacques.

28-XI-75

 

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, « Poésie espagnole,  Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995

Du même auteur :

« Comment appeler l’oiseau... » (21/11/2019)

Il ne faut pas te leurrer  / No intentes engañarte (21/11/2020)

 

Ciudad en mí (Santiago)

 

Ciudad extraña, hermosa y fea a un tiempo.

Rosalía de Castro, En las orillas del Sar,

Santa Escolástica, III, 1

 

 

Yo no pude elegir: abrí los ojos

y la vida era lluvia y noche y piedra, y sólo

el húmedo reflejo de un farol gemebundo;

yo no tuve la culpa si invadieron mis sueños

las campanadas grises, el musgo, los paraguas

litúrgicos, aquellas nubes pétreas;

yo no tengo la culpa si esa melancolía

fue mi patria nativa, la costumbre

de mis años silvestres; y tampoco si ahora

llevo conmigo, dentro, aquella lluvia y lluvia

y lluvia que ponía

-...martes, miércoles, jueves...- pensativas

las piedras de Santiago.

 

Ciego en Granada 

Editorial Gómez, Pamplona (España),1975

Poème précédent en espagnol :

Blas de Otero : Fidélité : Fidelidad (02/11/2021)