N-B-ROGNET-1[1]

 

N’allez pas croire

que sous la terre,

le temps se livre

au premier venu,

 

il faut arracher

au mystère les

étincelles du silence,

 

rompre avec son

visage, s’éparpiller,

s’accrocher aux

feuilles, aux brindilles

 

que le printemps

réveille et traverse,

il faut suspendre

 

à ses paupières

les ultimes

paroles de morts.

 

Le vent te cueille,

il saisit tes poumons,

il rappelle à lui,

sous les mots, toutes

les confidences que

tu fis à ceux

 

qui t’oublièrent

et que pourtant

tu reconnais en

 

chaque fleur qui

flotte entre temps

pressé et temps

 

suspendu, temps

des paroles vaines,

des maisons vides

sous les morts.

 

 

Le visiteur délivré

Editions Gallimard, 2005

Du même auteur :

 « Tu t’assieds avec moi… » (22/10/2014)

Elégie pour le temps de vivre (I) (12/12/2015)

Elégie pour le temps de vivre (II) (19/11/2017)

Elégie pour le temps de vivre (III) (19/11/2018)

Elégie pour le temps de vivre (IV) (19/11/2019)

Elégie pour le temps de vivre (V) (19/11/2020)