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Trop et grief* faix** que de vieux devenir        * pénible   ** fardeau

D’avoir passé le joli temps d’été,

Le riche automne où n’a nul revenir.

 

Plus ne saurez ainsi qu’aurez été,

Dont* pleurerez, et moult** vous pèsera             * d’où   ** beaucoup

Voir votre cours par vieillesse arrêté.

 

Chacun de vous alors s’accusera

De ses beaux jours perdus et oubliés,

Et ses genoux de pleur arrosera

 

En requérant à deux genoux pliés

Merci* aux dieux et Vénus, la déesse             * requérir merci = demander pardon 

Par qui tous biens nous sont multipliés.

 

Mais tard sera, car jamais en vieillesse

Vénus n’octroie à personne pardon

Qui n’aura fait son devoir en jeunesse.

 

La concorde des deux langages (1511)

In, « Trésor des Lettres : Seizième siècle »

Editions Fernand Nathan, 1963

 

Du même auteur : « Au moins, Princesse... » (18/11/2020)