Corneille_de_Lyon_-_Mellin_de_Saint-Gelais_-_Louvre_RF_1938-7[1]

 

Quand le Printemps commence à revenir,

Retournant l’an en sa première enfance,

Un doux penser entre en mon souvenir

Du temps heureux que ma jeune ignorance

Cueillit les fleurs de sa verte espérance.



Puis, quand le ciel ramène les longs jours

Du chaud Été, j’aperçois que toujours

Avec le temps s’allume le désir

Qui seulement ne me donne loisir

D’aviser l’ombre et mes passés séjours.



Puis, quand Automne apporte le plaisir

Des ses doux fruits, hélas, c’est la saison

Où de pleurer j’ai le plus de raison,

Car mes labeurs ne l’ont jamais connue :

Mais seulement, en ma triste prison,

L’Hiver extrême ou l’ Été continue.

 

Oeuvres poétiques complètes

Editions Prosper Blanchemain, 1873

Du même auteur :

Treizain (08/12/2018)

« Il n’est point tant de barques à Venise ... » (08/12/2019)