Vlada-Urosevic[1]

 

Frissons

 

Elle se rêve au milieu d’une salle vide,

Fenêtres obscurcies par des étoffes noires.

Des tubes au néon s’allument tout autour

Leur lumière est blanchâtre et trouble.

 

Elle s’aperçoit qu’elle n’a pas de vêtement.

Des papillons de nuit l’effleurent de leurs antennes.

Soudain l’étreinte de deux mains de pierre l’emprisonne

Des doigts de marbre commencent à la caresser.

 

Un cri, alors, de ses lèvres jaillit.

A cet instant, très loin, regard fixe, muettes,

Frissonnent de passions, sans que nul ne les voie,

Les statues d’hommes dans les musées obscurs.

 

Traduit du macédonien par Jeanne Angélowski et Jacques Gaucheron

Revue « Europe », Mars 1993

Du même auteur :

Dei otiosi (12/09/2014)

« Enferme cet été... » (25/09/2019)

Vergers sidéraux (25/09/2020)

Planète morte (25/09/2022)