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J’AI FRANCHI LE FLEUVE

A l’heure où la lumière décline.

A l’écluse un aveugle bougeait ses doigts dans le soleil.

La jeune femme laissait filer sa traîne entre les rives du ciel.

A chaque pas nos mots se répondaient.

De chaque travée du silence nous connaissions le chant.

 

Un nuage d’ambre et d’or nous tirait vers le large.

Les oiseaux les poissons se cachaient dans nos cils.

Nous étions de tout arbre la sève et la forêt promise,

La souche et l’horizon, le rameau et l’envol.

 

Nous aurions pu marcher ainsi pendant des heures.

Parcourir les chemins sans buts ni raison,

Et nous aurions porté en nos cœurs, haut et clair,

Ce que déjà nous savions mais que nous ignorions.

 

Bel enfant inconnu, notre ouvreur de ténèbres,

Notre incognito familier, ce passant entre nous,

Nous l’aurions reconnu à ce souffle ténu,

A ce buisson d’épines que flamme ne consume

Où chante l’oiseau veilleur

 

 

Ce rien qui nous éclaire

L’enfance des arbres éditeur, 56700 Hennebont, 2017

Du même auteur : 

« S’avancer sans craindre l’obscur ... » (22/09/2017)

« Nous marcherons ... » (22/09/2018)

« Oh ! Pays de naissance... » (21/09/2019)

Si tu veux écrire (17/09/2020)