mizon[1]

 

La mer des Sargasses

(extraits)

 

 

I   L’Ange

 

5.

Toute histoire est hésitation.

 

La nuit est pleine de bougies

de caresses de paroles

Excentrique calligraphie.

 

Je mets en gage mes clavicules de fer

et mes ailes de carton-pâte

 

6.

La vague

modela mon corps

de marin provincial.

 

Mes yeux sont des îlots.

 

Nids d’oiseaux.

Plages

que la vague recouvre

de lait phosphorescent

et de petites pierres multicolores.

 

7.

Le chèvrefeuille fabuleux

s’appuie

contre le mur le plus humble.

 

Seul le réel

est incompréhensible.

 

Comme un bateau qui touche le fond

 

l’histoire a besoin d’oubli.

 

II   Les cyclopes

 

4.

Il n’y a cachette qui vaille

Ni même ton corps et mon corps

Ni même l’ombre d’un arbre mental

librement choisi.

 

Personne ne peut nous protéger

de l’œil clignotant des cyclopes

 

5.

Parmi les aboiements du ciel

Une femme danse pour le cyclope.

 

Ce n’est pas ma sœur

 

6.

Biffures de smog et de sang.

Aisselles fumantes de l’horizon.

Nous respirons la lumière

du vieux conte.

Un paysage de taches rouges.

Une ligne de points

au bout se dresse une croix.

 

Un combat

est le sens du retour.

 

7.

La terre est un volcan glacé

où un homme

se couvre de feuilles de mica

puis s’écroule

comme un fête.

 

Miettes d’herbes folles et de chant

et dans le rêve :

des pyramides d’ombre.

 

Traduit de l’espagnol par Anne-Lise Bernard et l’auteur

In, « Il fait un temps de poèmes »

Textes rassemblés et présentés par Yvon Le Men

Filigranes Editions, 22140 Trézélan

Du même auteur :

 Prisons / Prisiones (05/08/2014)

L’arbre / El árbol (05/08/2015)

Terre prochaine / Tierra próxima (05/08/2016)

Vent du Sud / Viento Sur (05/08/2017)

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