21 mars 2021

André Chénier (1762 – 1794) : « Salut, ô belle nuit... »

  Salut, ô belle nuit, étincelante et sombre, Consacrée au repos. Ô silence de l’ombre, Qui n’entends que la voix de mes vers, et les cris De la rive aréneuse où se brise Téthys. Muse, muse nocturne, apporte-moi ma lyre. Comme un fier météore, en ton brûlant délire, Lance-toi dans l’espace ; et, pour franchir les airs, Prends les ailes des vents, les ailes des éclairs, Les bonds de la comète aux longs cheveux de flamme. Mes vers impatients, élancés de mon âme, Veulent parler aux dieux, et volent où reluit ... [Lire la suite]
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20 mars 2021

Charles d’Orléans (1394 – 1465) : « Quand je fus pris au pavillon... »

  Quand je fus pris au pavillon (*)             (*) piège pour oiseau De ma dame très gente et belle, Je me brûlai à la chandelle Ainsi que fait le papillon.   Je rougis comme vermillon, Aussi flambant qu’une étincelle, Quand je fus pris au pavillon De ma dame très gente et belle.   Si j’eusse été émerillon (*)                       ... [Lire la suite]
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19 mars 2021

André Markowicz (1960 -) : « Laisse ton adresse... »

  Laisse ton adresse, dit en rêve, dans le train de nuit où tu somnoles, l’ombre qui se fond, tournant le buste en parlant, si bien que ce qui sonne te parvient issu non de sa bouche mais du glissement de son absence vers une autre image et si, le pauvre, tu te dis qu’il s’est ouvert les veines loin, en Italie, sans que tu saches ni pourquoi ni quand, par la brûlure que tu sens soudain au poignet gauche, outre la douleur fantôme, reste cette voix autour lointaine et proche qui te sort déjà d’une autre scène, de... [Lire la suite]
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18 mars 2021

Langston Hughes (1902 – 1967) : Le Blues Inconsolable / The weary Blues

Le Blues Inconsolable   Fredonnant syncopé un air nonchalant Il chantait un air doux en se balaçant d’arrière en avant                       J’l’écoutais jouer, le Nègre En descendant la Lenox avenue l’autre nuit Sous la pâleur terne blafarde d’un vieux bec de gaz                       Il s’balançait... [Lire la suite]
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17 mars 2021

Eustache Deschamps (1346 – 1406) : Virelai sur la tristesse du temps présent

  Virelai sur la tristesse du temps présent   Je ne voie ami n’amie Ni personne qui bien die ; Toute liesse défaut, Tous cœurs ont pris par assaut Tristesse et mélancolie.   Aujourd’hui n’est âme lie, On ne chante n’esbanie (*),                 (*) ni se distrait                      Chacun cuide (*) avoir... [Lire la suite]
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16 mars 2021

Ezra Pound (1885 – 1972) : « Qui, mort, garde son esprit entier... » / « Who even dead, yet hath his mind entire... »

 Canto XLVII   Qui, mort, garde son esprit entier ! Ce bruit vint dans l’obscurité D’abord dois-tu descendre                                              en enfer A la charmille de Proserpine fille de Cérès, Traversant le noir surplombant, pour voir Tirésias, Qui fut aveugle, une ombre, qui est... [Lire la suite]
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15 mars 2021

Le Chatelain de Coucy (1186 – 1203) : « La douce voix du rossignol sauvage... » / « La douce voiz du louseignol sauvage... »

Château de Coucy     La douce voix du rossignol sauvage Que nuit et jour j’entends jaser et bruire, Adoucit tant mon cœur et le soulage Que de mes chants je me veux réjouir Bien dois chanter puisqu’il vient à plaisir A celle à qui de mon cœur fis hommage. Je dois avoir grand joie en mon courage, Si me veut-elle près d’elle retenir.   Onc envers ell’n’eus cœur faux ni volage, Il m’en devrait pour ce mieux advenir ; Je l’aime et sers, adore par usage, Et ne lui ose mes pensers découvrir, Car sa beauté... [Lire la suite]
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14 mars 2021

François Rannou (1963 -) : Dévié par le vent (Paul Celan)

  Dévié par le vent (Paul Celan) à Guennadi Aïgui     s’il faut maintenant construire un mot double ce serait le dernier feu dans la neige rabâchée   mottes retournées terre mélangée à l’herbe dans la neige qui n’est plus que l’aneige   froid aveugle sans douleur c’est alors que nous allions nous courber l’illumination simple de l’armoise : les mots passé de toi  à moi à travers les rides te ton visage   il a jailli sous la taie de mes yeux glacés, mère, il se... [Lire la suite]
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13 mars 2021

Arnaut de Mareuil (vers 1150 – vers 1190) : « Dame, plus belle que ne sais dire... » / « Dona genser qe no sai dir...

  Dame, plus belle que ne sais dire, Pour qui souvent geins et soupire, Cet ami vôtre, si bon et tendre, Assez savez lequel entendre, Vous fait transmettre son salut. ................................................   Amour m’a commandé d’écrire Ce qu’avec la bouche n’ose dire. Je n’ose enfreindre ni esquiver Les choses qu’amour m’a commandées. Or écoutez, dame, je vous prie, Ce que ma lettre va vous dire. ....................................................   Quand m’arrive souvente fois Que crois... [Lire la suite]
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12 mars 2021

Henri Droguet (1944 -) : Archéologie 2 (I)

Chant rapace (I)   ....................... C’est de la mer, et puis son vague à l’âme / tumulte le soc des brumes aigres la puanteur énorme des varechs l’aller-retour d’une hirondelle noire à refaire les printemps la rumeur permanente des cascades lointaines l’ahan plus ou moins vif du vent   comme la paix rassoupie des sépulcres.   ... [Lire la suite]
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