08 février 2021

Eugenio Montale (1896 – 1981) : Correspondances

  Correspondances   Tandis qu’un mirage au fond De vapeurs vacille et se perd Autre chose aux arbres annonce La trompette du pivert.   La main qui plonge au sous-bois Et vient transpercer la trame Du cœur par les pointes du chaume, C’est celle qui fait aux étangs Mûrir les cauchemars en or A l’heure où Bassarée avec son char sonore Reporte les glapissements fous des béliers Sur les carreaux arides des coteaux   Toi aussi tu reviens, bergère sans brebis Et sur ma pierre tu te places ? Je te... [Lire la suite]
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07 février 2021

Friedrich Nietzche (1844 – 1900) : La chanson ivre / Das trunkene lied

  La chanson ivre   Homme ! fais bien attention ! Que dit le profond minuit ? « Je dormais, je dormais, Je me suis réveillé d’un rêve profond : Le monde est profond, Et plus profondément pensé que le jour. Profonde est sa douleur ; Le plaisir, plus profond encore que la peine de cœur : La douleur dit : « Passe ! » Mais tout plaisir veut l’éternité, Veut la profonde, la profonde éternité ! »   Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre In,... [Lire la suite]
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05 février 2021

Friedrich Hölderlin (1770 - 1843) : « Comme, lorsqu’au jour de fête... » / « Wie wenn am Feiertage...

  Dessin de Mary Evans Picture Library     Comme, lorsqu’au jour de fête, pour aller inspecter son champ, Un paysan s’en va le matin, quand pendant tout le temps D’une brûlante nuit la fraîcheur des éclairs est tombée Et qu’au loin retentit encore le tonnerre Le fleuve revient en ses berges, Le sol se met à reverdir, Et de l’agréable pluie du ciel La vigne goutte doucement et les arbres Du bois scintillent doucement sous le soleil :   Ainsi se trouvent-ils, sous un climat propice, Ceux que... [Lire la suite]
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05 février 2021

Heather Dohollau (1925 – 2013) : Paulina à Orta

  Paulina à Orta   Je serai éternellement bleue Pierre Jean JOUVE « Paulina 1880 ».   Seul l’unique est l’autre E. LEVINAS.   Ici au bord du lac est le seul espace Où partir sur une mer bordée de terre ? Le soleil et la lune grandissent les heures En hautes frondaisons bleues aux tiges absentes Les pentes des jardins hésitant en marches Etirent le ciel sur une couche mouvante Surface sans substance réelle où brillent en leurre Les ailes miroitantes d’un vol suspendu    ... [Lire la suite]
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04 février 2021

Kobayashi Issa / 小林 一茶 (1703 – 1826) : « Le papillon bat des ailes... »

  Le papillon bat des ailes comme s’il désespérait de ce monde   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010 Du même auteur :  « quiétude… » (04/02/2016) « Première cigale… » (04/02/2017) « Ah ! pouvoir être … » (04/02/2018) « Un monde de douleurs... » (04/02/2019) « Couvert de papillons... » (04/02/2020)
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03 février 2021

José Gutiérrez (1955 -) : Désolation de miroirs

  Désolation de miroirs Hommage à Luis Cernuda   Non ta voix n’est plus tristesse, mais ombre. Un blond épi de pleurs te berce comme une belle pénombre. Ton front altier, aile légère et très fraîche qui enflamme la nuit. Sur tes lèvres passent les fleuves, désirs qui sont nuages. Tes yeux abattus, vertige de l’amour et ton corps telle une mer de bonheur. Seules tes pupilles son tristes, mais tu chantes. La mémoire te guette, sa ténèbre. Tu vis et meurs et meurs en toutes choses. Tu ne rêves plus. ... [Lire la suite]
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02 février 2021

Kiki Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Oblivion beach

    Oblivion beach   Ce qu'elle en bave, dis donc, l'âme quand au lieu de dormir elle songe à des orthographes mafieuses : l'Homme, par exemple, pourquoi veut-il à tout prix s'écrire avec deux m comme deux poings serrés, pour quoi faire ?   Regarde-moi ça, mon vieux, quelle hypocrisie, à faire dresser les cheveux sur la tête : tout ce que j'ai subi la nuit, tout ce qui m'a torturée, toutes les ténèbres menaçant de m'emmener encore, ces terreurs qui me bandaient les yeux pour... [Lire la suite]
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01 février 2021

Dino Campana (1885 – 1932) : L’espérance (sur le torrent nocturne) / La speranza (sul torrente notturno)

  L’espérance (sur le torrent nocturne)     Pour l’amour des poètes Princesse des rêves secrets Dans les ailes des vives pensées répète répète Ô princesse tes chants : Toi chevelue de chants muets Pâle amour des errants Etouffe les pleurs inéteints Donne trêve aux amours secrètes : Qui les taciturnes portes Veille que la Nuit A ouvertes sur l’infini ? Penchent les heures : avec le rêve évanoui Penche le pâle Sort..................................... ... [Lire la suite]
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