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J’entends mes pas, le bruit

filtré par les feuilles des arbres

entre les grilles qui empêchent de voir.

La faible lumière à claire-voie et les ombres

guident le visage, je touche des objets

qui appartiennent au voisinage du corps.

J’éteins doucement toutes les lumières

de la maison et je dis : mon ami.

Les mots rappellent la voix, la voix

les mots, je demande quel temps

était celui-là, comment en tuer

la raison,  dont j’ai usé le silence

féroce. Je brise sur la table

la mine des crayons, je range

lentement des feuilles éparses, une

sur la table, une autre avec du sparadrap

collée au mur, je ferme la boiserie

des fenêtres. J’attends que descende

sur mes yeux le rideau

du temps, alors je n’aurai plus de vers

ni de souvenirs.

 

Traduit du portugais par Michel Chandeigne

in, « Anthologie de la poésie portugaise contemporaine 1935 -2000 »

Editions Gallimard (Poésie), 2003