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Correspondances

 

Tandis qu’un mirage au fond

De vapeurs vacille et se perd

Autre chose aux arbres annonce

La trompette du pivert.

 

La main qui plonge au sous-bois

Et vient transpercer la trame

Du cœur par les pointes du chaume,

C’est celle qui fait aux étangs

Mûrir les cauchemars en or

A l’heure où Bassarée avec son char sonore

Reporte les glapissements fous des béliers

Sur les carreaux arides des coteaux

 

Toi aussi tu reviens, bergère sans brebis

Et sur ma pierre tu te places ?

Je te reconnais ; mais ne sais ce que lit

Ta vue entre les vols qui varient sur la passe.

 

En vain je le demande à la plaine où la brume

Flotte entre foudre et détonations sur de rares toits,

A la fièvre cachée des trains rapides droits

Dans la côte étendue qui fume.

 

Traduit de l’italien par Pierre Jean Jouve

In,«Eugenio Montale, tradotto da Pierre Jean Jouve »

Scheiwiller-All'insegna del pesce d'oro, Milano, 1964

Du même auteur :

« A midi faire halte …/ « Merrigiare pallido… » (10/05/2016)

La bourrasque / La bufera (14/08/2019)

Bateaux sur la Marne / Bache sulla Marna (14/08/2020)

Le penser du prisonnier / Il sogno del prigionero (14/08/2021)