21 décembre 2020

Faraj Bayrakdar (1951 -) / فرج بيرقدار : « Bleu des profondeurs... »

  Bleu des profondeurs est la tristesse Profondeur du bleu Etoile où tremble une larme en cet espace Langue hautement lucide raccompagnant la nuit Pour que s’accomplissent les questions il blesse l’instant avec le rêve et s’en va chargé de prophètes et du hennissement des souvenirs imminents   Bleu des profondeurs est la tristesse Profondeur du bleu Nous n’avons qu’elle Sommes-nous dans son miroir ou elle dans le nôtre ? Cela revient au-même Le silence de ma femme est le sel de ma voix quand... [Lire la suite]
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20 décembre 2020

Giacomo Leopardi (1798 – 1837) : A la lune / Alla luna

Giacomo Leopardi sur son lit de mort   A la lune   Ô favorable Lune, je me rappelle, Sur ce col même – voilà, l’année revient -, Je venais te mirer plein d’angoisse ; Et tu pendais alors sur cette sylve, L’éclairant toute, comme aujourd’hui. Mais brumeux, incertain, par les pleurs Qui montaient sous mes cils, à mes yeux, Paraissait ton visage, car un supplice Etait ma vie, ; et depuis rien n’a changé d’elle, Bien-aimée Lune. Et cependant me plaît La souvenance, et de compter les âges De ma douleur. Ô... [Lire la suite]
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19 décembre 2020

Federico Garcia Lorca (1898 – 1936) : L’infidèle / La casada infiel

  L’Infidèle        Et moi qui l’ai entraînée, avec moi à la rivière la croyant encore fille quand elle avait un mari ! Ce fût le soir de Saint-Jacques, Ce fut presque par gageure, tous réverbères éteints, et les grillons allumés. Vers les derniers carrefours, Je touchais ses seins dormants qui soudain s’épanouirent comme bouquets de jacinthes. Son jupon amidonné froufroutait à mon oreille, telle une ce de soie sous le fil de dix couteaux. Nulle lumière d’argent sur leurs têtes... [Lire la suite]
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18 décembre 2020

Czesław Miłosz (1911 – 2004) : Capri

  Capri   Je suis un enfant qui célèbre sa première communion à Wilno et plus tard qui boit du chocolat distribué par des dames patronnesses bigotes.   Je suis un vieil homme qui se souvient de cette matinée de juin : l’ivresse des objets immaculés, des nappes blanches et du soleil, du vase au bouquet de pivoines.   Qu’as-tu fait, qu’as-tu fait de ta vie ? (*) - des voix appellent en des langues différentes recueillies au cours de voyages sur les deux continents. Qu’as-tu fait de ta vie, ... [Lire la suite]
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17 décembre 2020

Yokoi Yayū / 横井 也有 (1702 – 1783) : « Changement de domestiques... »

  Changement de domestiques - le balai accroché à une autre place   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010
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16 décembre 2020

Andrée Chedid (1920 – 2011) : Démarche

Pochoir de C215 (pseudonyme de Christian Guémy), à Arcueil (2018). Photographie de Lionel Gripon   Démarche   Nul n’a vécu le fond d’une rose l’espace d’un océan Ou le lieu de son corps Nul n’entrevoit l’écart entre le nœud et l’écorce Ne démêle l’écheveau de l’ombre et de la fleur   Les nuits martèlent nos clairières Le jour abreuve nos ravins   Nul chemin n’est plus heurté que le nôtre Mais nul plus souverain   In, « De tout les lieux du Français » Fondation d’Hauvilliers pour le... [Lire la suite]
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15 décembre 2020

Jean-Philippe Salabreuil (1940 – 1970) : L’heure est dite d’abois

  L’heure est dite d’abois   L’heure est dite d’abois dans les arrière-cours Et de guenilles en sanglots sur les cordes du jour Par le travers des lampes nues dans l’ombre noire O reflet malingre d’un vieil été mémoire D’un soleil en cendres sous les mains dans la nuit Passé l’orgue de Barbarie où le temps bruit Le malaise d’un chien la valise d’une âme Emplie d’herbe lointaine et de cheveux de femme Accoudé sur la table le ciel venu m’aider A compter recompter feuilles mortes accoudé Sur la table tremblante... [Lire la suite]
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13 décembre 2020

Jean-Pierre Faye (1925 -) : Dessin inlassable

  Dessin inlassable   I Ce sont les corps qui font voir les poignets, les jointures l’épaule et le point d’attache des jambes la surface du ventre, quand elle n’est pas déchirée le joint où les corps se mélangent, où ils s’articulent et se parlent apprennent à parler se touchent des deux mains touchent les yeux, quand une peau les recouvre, allant du gris vers le gris reprenant le même commencement   II (Car un peuple ouvre et se ferme plus simplement que l’eau on le trace et il se divise on le... [Lire la suite]
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13 décembre 2020

Jean-Pierre Duprey (1930 – 1959) : Seize ans

  Seize ans   J’ai dominé toute une station de vie Ma première enfance est entrée dans la pierre Mes premières larmes sont parties avec les passereaux J’ai vu un Dieu, j’ai vu les hommes Et mes yeux ne se cherchent même plus   Hier je suis allé sur la montagne qu’habita la lune Et je suis revenu le cœur plein de tristesse Il ne me reste plus qu’un souvenir et une guitare brisée Un saule pleureur se dépouille et m’habille de larmes   Qu’est-il de plus triste au monde que de partir sans chanter ... [Lire la suite]
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12 décembre 2020

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : « La bannière de mon corps... »

  C   La bannière de mon corps flotte au vent brandebourgeois. Une vieille femme veut entrer dans ma chambre, je la vois à travers la porte, sa main de feutre rouge appuyant en vain sur le loquet ; des parcelles de ses cris me parviennent comme la chanson barbare d'un violon reprisant la nuit ; Je vais lui glisser une rose sous la porte. une rose de sang noir, peut-être partira-t-elle ? Et je pourrai me vautrer dans le hamac de mûrier mais sa voix hoquète : Ophélie Je m'appelle Ophélie, ouvrez-moi,... [Lire la suite]
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