31 décembre 2020

Casimiro de Brito (1938 -) : Dimanche / Domingo

 Dimanche   Je m’assieds au bord de la ville et j’entends La rumeur du sang l’érosion de l’argile Comme si tout ce mystère n’était rien d’autre que La mer Devant mon corps assis La musique la lumière matérielle où tout est moi où tout m’est donné Et rigoureusement refusé. On entend   L’air. Je m’assieds dans la ville et j’entends La rumeur de ses os et je ne ressens ni peur Ni désir si je pensais si je désirais Je ne serais pas ici silencieusement assis A côté de ce corps où celui que je suis dans... [Lire la suite]
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30 décembre 2020

Dylan Thomas (1914 – 1953) : Le bossu du parc / The hunchback in the park

  Le bossu du parc   Le bossu du parc Un monsieur solitaire Libérait les eaux et les arbres Dès que s’ouvrait la serrure Du jardin qui les retenait Et jusqu’à la sombre note De la cloche du dimanche soir.   Mangeant du pain dans du papier journal Buvant de l’eau dans la coupe enchaînée Que les enfants remplissaient de gravier Dans la fontaine du bassin où je lançais mon voilier La nuit, il dormait dans une niche Mais personne ne l’enchaînait.   Comme les oiseaux du parc Il arrivait tôt Comme... [Lire la suite]
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29 décembre 2020

Bai Juyi / 白居易 (772 – 846) : Regard du soir dans un pavillon au bord de l’eau

Image de Bai Juyi tirée du livre "Wan hsiao tang".   Regard du soir dans un pavillon au bord de l’eau     Décline le soleil, dans la brume et la bruine ; Brille la rivière, dans la fraîcheur marine. Mirages et nuées s’estompent, brisant les maisons ; L’arc-en-ciel se fane, rompant les reflets du pont. Le vent remue l’écume : mille pétales de fleurs ; Les oies touchent le ciel : une rangée de caractères. Je prie un peintre de décrire cette scène, Que j’envoie à Zhang Zhi avec ce... [Lire la suite]
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28 décembre 2020

Friedrich Gottlieb Klopstock (1724 – 1803) : La nuit d’été / Die Sommernacht

Friedrich Gottlieb Klopstock, tableau de Jens Juel    La nuit d’été   Quand la douce lueur de la lune tombe Et se répand dans les forêts, et que dans l’air fraîchi Passent les senteurs mêlées Aux parfums du tilleul,   Je sens l’ombre sur moi de pensées à la tombe De l’aimée, et je ne vois plus Qu’un crépuscule au fond des arbres, Et il ne me vient plus de message des fleurs.   Cela, je l’ai connu jadis, ô vous les morts, avec vous, Ô, comme nous baignaient les parfums, les fraîcheurs, Comme la... [Lire la suite]
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27 décembre 2020

Louis Brauquier (1900 – 1976) : « Sorcières des étangs... »

  I Sorcières des étangs qui vous levez en songe, Avec des cris gelés dans cette aube d’hiver, Ne me rendrez-vous pas le goût de mon enfance Avant que le mistral vous chasse vers la mer ?   Des oiseaux épuisés percutent la surface Et s’enfoncent pesants comme des souvenirs ; - Peut-être au creux des eaux quelque ville ancienne, Dormant dans la clarté de leurs ombres marines, Sous l’auvent de ses toits garde-t-elle leurs nids ! –   Même nu et blessé d’une terrible absence, A travers tant de... [Lire la suite]
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26 décembre 2020

Charles Guérin (1873 – 1907) : « Il a plu... »

Charles Guérin, portrait par Paul Baudier    Il a plu. Soir de juin. Ecoute, Par la fenêtre large ouverte, Tomber le reste de l'averse De feuille en feuille, goutte à goutte.   C'est l'heure choisie entre toutes Où flotte à travers la campagne L'odeur de vanille qu'exhale La poussière humide des routes.   L'hirondelle joyeuse jase. Le soleil déclinant se croise Avec la nuit sur les collines ;   Et son mourant sourire essuie Sur la chair pâle des glycines Les cheveux d'argent de... [Lire la suite]
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25 décembre 2020

Virginia Pésémapéo - Bordeleau (1951 -) : Je te veux vivant

  Je te veux vivant   Ces mots arrachés à pleine pages, Déracinés de leur boue, Ils portent mon mal et ma peur Qui rampent sur ta vie, Sur la mienne.   Nous n’aurons pas ce temps des amours Qui veillent auprès des flammes, Qui jettent les branches sur le feu, Afin que le froid se dérobe.   Il y a déjà ce seuil familier, Emprunté par mon père, Attendu par ma sœur, Espéré par ma mère, Imprévu pour mon frère, Déchirure pour mon fils.   Leur âme me percute Au cœur de mes nuits, Me touche... [Lire la suite]
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24 décembre 2020

Pavie Zygas (1949 -) : La petite fille et la mort

La petite fille et la mort   Dans un cimetière sur une tombe elle demeure allongée   parfois elle se dresse quand on passe et s’assied mais jamais jamais elle ne pardonne         Passage sentes ténues éphémère extinction de l’être   sanctuaire du soir   la patte crépusculaire se pose sur la branche les pierres la courbe d’une tige toutes nous glissons dans l’ombre       Pourtant j’ai mangé de ta chair et bu de ton sang, mère       ... [Lire la suite]
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23 décembre 2020

Luís Vaz de Camões (1524 – 1580) : « Amour est feu qui brûle... » / « Amor é fogo que arde... »

  Amour est feu qui brûle et qu’on ne voit ;      Plaie qui fait mal sans qu’on le sente ; Contentement qui mécontente ;      Douleur qui vous égare et qui ne poind ;   C’est non-vouloir plus grand que le vouloir ;      C’est être seul chez les nombreux ;      C’est le bonheur sans être heureux ; C’est croire que l’on gagne alors qu’on perd.   C’est librement vouloir être en prison, ... [Lire la suite]
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22 décembre 2020

André de Richaud (1909 – 1968) : Seul ton amour

Dessin à l'ncre de Chine, par Jacques Chapiro, 1954   Seul ton amour Pour Paul M.   J’errais dans les bois sanglants dans l’arbre de ma vie dans les vagues stériles de mon sommeil marchant à contre-courant et tirant sur mes veines éclatées Comme Œdipe empêtré dans les racontars de la pythie et de ces vieillard aux jambes creuses et comme les chevaux éventrés embourbés dans les ornières aux glaçons de sang de mon pays dont je me croyais chassé par la lune rouge et comme le mendiant aveugle que pourchassent les... [Lire la suite]
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