Friedrich_Gottlieb_Klopstock[1]Friedrich Gottlieb Klopstock, tableau de Jens Juel 

 

La nuit d’été

 

Quand la douce lueur de la lune tombe

Et se répand dans les forêts, et que dans l’air fraîchi

Passent les senteurs mêlées

Aux parfums du tilleul,

 

Je sens l’ombre sur moi de pensées à la tombe

De l’aimée, et je ne vois plus

Qu’un crépuscule au fond des arbres,

Et il ne me vient plus de message des fleurs.

 

Cela, je l’ai connu jadis, ô vous les morts, avec vous,

Ô, comme nous baignaient les parfums, les fraîcheurs,

Comme la lune te rendait plus belle encore,

O toi, ô belle nature.

 

Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre

In, « Anthologie bilingue de la poésie allemande »

Editions Gallimard (La Pléiade), 1995

 

Die Sommernacht

 

Wenn der Schimmer von dem Monde nun herab

In die Wälder sich ergießt und Gerüche

Mind der Düften  von der Linde

In der Kühlungen wehn,

 

So umschatten mich Gedanken an das Grab

Der Geliebten, und ich seh in dem Walde

Nur es dämmern und es weht mir

Von der Blüte nicht her.

 

Ich genoß einst, o Ihr Toten, es mit Euch !

Wie umwehten un der Duft und die Kühlung,

Wie verschönt warst Du von dem Monde,

Du, o schöne Natur !

Poème précédent en allemand :

Paul Celan : Eloge du lointain /Lob der Ferne (01/12/2020)

Poème suivant en allemand :

Clemens Brentano : Chant des moissons / Erntelied (02/01/2021)