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Dessin à l'ncre de Chine, par Jacques Chapiro, 1954

 

Seul ton amour

Pour Paul M.

 

J’errais dans les bois sanglants dans l’arbre de ma vie

dans les vagues stériles de mon sommeil

marchant à contre-courant et tirant sur mes veines éclatées

Comme Œdipe empêtré dans les racontars de la pythie

et de ces vieillard aux jambes creuses

et comme les chevaux éventrés embourbés

dans les ornières aux glaçons de sang de mon pays

dont je me croyais chassé par la lune rouge

et comme le mendiant aveugle

que pourchassent les enfants agaçant son âme

une trique à la main jusqu’à ce qu’il s’étale

sur le fumier aux larges rires de la ferme

Vous tous qui me faisiez des misères de poux

Dans mon épaisse toison de misère

Vous tous qui observiez en ricanant ma démarche

Empêtrée des lambeaux de la nuit

Seul ton amour...

 

La confession publique

Pierre Seghers éditeur, 1944

Du même auteur :

Préface (22/12/2016)

La voie du sang (22/12/2017)

Le testament (22/12/2018)

La chanson de mort (22/12/2019)