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Morceaux d’oiseaux qui sont

dans le poème abandonné

 

 

L’aile tendue l’oiseau (quel oiseau sans nom ?)

allongé montre (rémiges rectrices

rêches contre la tuile) au bord

des toits le bleu dans le vent du ciel

et des grands arbres sans couleur (mouvement cri)

puis le rouge abandonné les tuiles

dans un peu d’ombre au loin

l’oiseau allongé plane où les arbres sont des feuillages vrais.

 

                Poète calcaire roche

tendre ça se voit à des élé

gances de langage à ma cult

ure en miettes jetées ramassées ra

massis de deux ou trois noms

d’écrivains la vie me fout le

nez dans la merde et la pâle lavande

je n’y comprends pas toujours

quoi mais j’aime toujours les

murs éboulés les coins secs pour chier.

 

Un oiseau n’est rien que

le bruit d’un mot  (perdrix caille)

il s’envole et montre des luzernes

un buisson des parcours familiers mais

silence après quand rien

que le bruit d’un mot (pluvier courlis)

il s’envole et montre des poèmes

un parcours un papier familier

mais le bruit d’un oiseau qui ?

 

Paysage au fusil (coeur) une fontaine

In, « Cahiers de poésie, 2 »

Editions Gallimard, 1976

Du même auteur :

Trois figures qui bougent un peu (19/03/2015)

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