AVT_Yehuda-Amichai_8305[1]

 

Mon fils a un parfum de paix

quand je me penche sur lui

ce n’est pas que l’odeur du savon.

 

Chacun de nous a été un enfant au parfum de paix

(Et dans tout le pays il n’y a plus un

seul moulin à vent qui tourne)

 

O pays déchiré comme des vêtements

qui ne peuvent plus être rapiécés

et de durs et solitaires ancêtres dans les caveaux.

Silence mutilé d’enfants.

 

Mon fils a un parfum de paix

le ventre de sa mère

lui a promis ce

que Dieu ne peut nous promettre.

 

Traduit de l’hébreu par Michel Eckhard et Benjamin Ziffer

in, Revue « Poésie 1, N° 116, Mars-Avril 1984 »

Le Cherche-Midi éditeur, 1984