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Polyphème et Galatée

 

« Je suis laid, mais qu’importe ! Et même si ma barbe

N’est qu’un roncier piquant qui couvre mon visage,

Si ma poitrine et mon dos sont noirs et toisonnent,

Si mes cheveux ne sont qu’une épaisse broussaille

 

Ne me méprise point, mon enfant, ma mignonne !

Sous ma laideur se cache un amour si brûlant ;

Car la mer enfouit dans une dure enveloppe

L’inestimable chair de bien des coquillages.

 

Non, ne te gausse pas de mon immense torse,

Puissant et musculeux ; il sied, ô ma petite,

Que tu sois tout le charme et que je sois la force. »

 

En proie à la douleur le farouche Cyclope,

Foulant le sable chaud courait éperdument,

Se livrant au pourchas de Galatée en fuite.

 

Traduit de l’italien par Sicca Vernier

in, « Poètes d’Italie. Anthologie, des origines à nos jours »

Editions de la Table Ronde, 1999

 

Du même auteur : Ciel et mer  / Tanquillita notturna (22/11/2019)