21 octobre 2020

Andras Unterweger (1978 -) : Une fleur souffre

  Une fleur souffre (Poème de printemps)   Probablement faut-il / s’imaginer aussi la floraison / comme un processus/douloureux. Une chose qui reposait, enroulée autour de son centre, rentrée / en elle-même, est ouverte de force &/ écartée par une main étrangère &/ clouée en largeur s’ouvre encore ce qu’elle a/ de plus vulnérable, béant entre ses ailes brisées le bonheur.     Traduit de l’allemand par Laurent Cassagnau, in revue « Babel heureuse, N° 4, automne 2018 Gwen Catalá Éditeur,... [Lire la suite]
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20 octobre 2020

Jacques Dupin (1927 – 2012) : Malevitch

  Malevitch     Fatal     /     comme en un glissement pur violent      / premier visage     diagone     percer ce rempart      et jaillir     /     que le rouge et le blanc s’affrontent   /   et s’annulent ... [Lire la suite]
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19 octobre 2020

André Dhôtel (1900 – 1991) : Stilnô

  STILNÔ   En suivant la route d’émeraude Qui mène vers Tsilbaal J’ai rencontré le pays du rire   Aux arbres les frondaisons superposées étaient des cymbales Aux ruisseaux étaient tendues des cordes d’argent chanteuses   Quelle phrase étrange dira tout cela Quelle phrase ayant la douceur de sifflement des serpents   Et la voix de l’homme en ce pays (oh ! comprendrez-vous ?) Sa voix était le glissement des lumières au ras des nuages Sa voix était le parfum était le rayon Mais il... [Lire la suite]
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18 octobre 2020

François Villon (1431 – 1463) : Ballade du concours de Blois

  Ballade du concours de Blois     Je meurs de seuf (*) auprès de la fontaine,               (*) soif Chaud comme feu, et tremble dent à dent ; En mon pays suis en terre lointaine ; Lez un brasier frissonne tout ardent ; Nu comme un ver, vêtu en président, Je ris en pleurs et attends sans espoir ; Confort reprends en triste désespoir ; Je m'éjouis et n'ai plaisir aucun ; Puissant je suis sans force et sans pouvoir, Bien recueilli (*),... [Lire la suite]
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17 octobre 2020

Jacques Lovichi (1937 – 2018) : Jardin

  Jardin   la fourmi qui sur le tronc se hâte ne sait jamais d’où va jaillir la mort   ocre est le mur et ligneuses les herbes deux abricots pourrissent sous le feuilles un hanneton se heurte à chaque souche en vrombissant comme un hélicoptère   sur le dallage un pas léger claudique et le soleil se couche entre les pins cette inscription sur le granit du temps est moins lisible à chaque aube de gloire   Mais la fourmi celle-là ou une autre poursuit sa course éternelle et fragile ... [Lire la suite]
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16 octobre 2020

Georges Perros (1923 – 1978) : « Mon fils mon petit Frédéric... »

  Mon fils mon petit Frédéric qui me dit viens boire un coup Georges qui me connaît me reconnaît et qui cependant m’oublierait si je quittais demain la scène et cette femme près de moi que de larmes quel désarroi à la suite du corbillard où je ferai blême la planche mais demain fauche l’aujourd’hui le lundi n’a plus de dimanche qu’un souvenir qui s’amoindrit au fil des autres jours Mourir n’est vraiment bon que pour soi-même on vit à plusieurs on meurt seul comme on l’était peut-être avant que pour nous faire à... [Lire la suite]
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14 octobre 2020

André Velter (1945 -) : Farine d’orge et feuilles de laurier

Farine d’orge et feuilles de laurier                                                                                                        aux devins de... [Lire la suite]
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14 octobre 2020

Pascal Commère (1951 -) : lointaine approche des troupeaux à vélo vers le soir

  lointaine approche des troupeaux à vélo vers le soir pour Vincent et Gwenaëlle     Les prés sont des linges le soir ou de la brume les bêtes vous savez n’appuient pas elles avancent elles sont comme vous fragiles pas plus vraies une pluie les efface il faut des jours ensuite pour qu’elles montent vers nous les bêtes c’est cela jamais plus quelques traces dont s’étonnent les yeux au long des routes noires vous y croisez parfois une ombre est-ce la vôtre ou celle d’un enfant occupé dans l’hiver à... [Lire la suite]
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11 octobre 2020

Armin Senser (1964 -) : Eglogue / Egloge

  Eglogue : Borkum   D’un bout à l’autre l’île est plongée dans le noir. Contrairement à la vie, au moins toutes les heures, la vérité revient à la lumière. Pour y parvenir le chemin consume tout le temps du retour.   Sans cesse le vent secoue toute substantielle chose. Les traces s’effacent. Le mouvement se réduit – ou mieux il s’élargit – en changement d’emplacement : Ici, pour le témoin, être et ne pas être ne font qu’un.   Les dunes ont le cheveu clairsemé. Alors que le quartz lustre... [Lire la suite]
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