25 octobre 2020

Allen Ginsberg (1926 – 1997) : Song

     Song   Le poids du monde           est amour. Sous le fardeau           de solitude, sous le fardeau           d’insatisfaction             le poids, le poids que nous portons           est amour.   Qui peu nier ? ... [Lire la suite]
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24 octobre 2020

Raimbaut de Vaqueyras (vers 1150 – vers 1207) : « Ne me plaisent hiver ni printemps... » / « No m'agrad' iverns ni pascors... »

  Ne me plaisent hiver ni printemps, Ni ciel clair ni feuilles de chênes, Mon succès me semble infortune, Toutes mes joies se font douleur, Et sont tourments tous mes plaisirs, Et me désespère mon espoir ; J’étais avec mon seul amour Plus heureux que poisson dans l’onde, Et puis d’amour m’en suis parti, Pauvre exilé et tout marri, Toute autre vie me semble mort, Toute autre joie déconfort.   Puisque d’amour ai perdu la fleur Le doux fruit, le grain et l’épi, De cet amour cher à mes dits, Qui me... [Lire la suite]
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23 octobre 2020

Li Bai (ou Li Po) / 李白 (701 – 762) : Nuit de lune sur le fleuve

  Nuit de lune sur le fleuve   Doucement la brise sur le fleuve se lève, Tristement les arbres près du lac frissonnent. Je monte sur la proue par la belle nuit calme. On étale les nattes et la barque légère s’élance. La lune suit la fuite des monts sombres, L’eau s’écoule avec le ciel bleu, Aussi profond qu’inversement le Fleuve céleste. Rien n’est visible, sinon l’ombre mêlée de l’arbre et du nuage.   La route du retour est longue, longue ; L’immensité du fleuve est triste, triste. Je suis seul,... [Lire la suite]
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22 octobre 2020

Jaufre Rudel (110/1130 – 1148/1170) : « Ne sait chanter qui ne dit rien... » / « No sap chantar qui so non di... »

    Ne sait chanter qui ne dit rien Ni vers trouver qui ne dit mot Nul ne sait comment il va des vers Si leur mouvement ne l’anime Ainsi commence ici mon chant Plus l’ouïrez, plus il plaira.   Que nul de moi ne s’émerveille : J’aime qui jamais me verra, D’autre amour en mon cœur il n’y a Sauf une dame jamais vue Nulle joie ne me réjouit Je ne sais quel bien m’en viendra.   Coup de joie me frappe et m’occit Et le dard d’amour me dessèche La chair dont tout mon corps maigrit. Jamais je ne... [Lire la suite]
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21 octobre 2020

Andras Unterweger (1978 -) : Une fleur souffre

  Une fleur souffre (Poème de printemps)   Probablement faut-il / s’imaginer aussi la floraison / comme un processus/douloureux. Une chose qui reposait, enroulée autour de son centre, rentrée / en elle-même, est ouverte de force &/ écartée par une main étrangère &/ clouée en largeur s’ouvre encore ce qu’elle a/ de plus vulnérable, béant entre ses ailes brisées le bonheur.     Traduit de l’allemand par Laurent Cassagnau, in revue « Babel heureuse, N° 4, automne 2018 Gwen Catalá Éditeur,... [Lire la suite]
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20 octobre 2020

Jacques Dupin (1927 – 2012) : Malevitch

  Malevitch     Fatal     /     comme en un glissement pur violent      / premier visage     diagone     percer ce rempart      et jaillir     /     que le rouge et le blanc s’affrontent   /   et s’annulent ... [Lire la suite]
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19 octobre 2020

André Dhôtel (1900 – 1991) : Stilnô

  STILNÔ   En suivant la route d’émeraude Qui mène vers Tsilbaal J’ai rencontré le pays du rire   Aux arbres les frondaisons superposées étaient des cymbales Aux ruisseaux étaient tendues des cordes d’argent chanteuses   Quelle phrase étrange dira tout cela Quelle phrase ayant la douceur de sifflement des serpents   Et la voix de l’homme en ce pays (oh ! comprendrez-vous ?) Sa voix était le glissement des lumières au ras des nuages Sa voix était le parfum était le rayon Mais il... [Lire la suite]
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18 octobre 2020

François Villon (1431 – 1463) : Ballade du concours de Blois

  Ballade du concours de Blois     Je meurs de seuf (*) auprès de la fontaine,               (*) soif Chaud comme feu, et tremble dent à dent ; En mon pays suis en terre lointaine ; Lez un brasier frissonne tout ardent ; Nu comme un ver, vêtu en président, Je ris en pleurs et attends sans espoir ; Confort reprends en triste désespoir ; Je m'éjouis et n'ai plaisir aucun ; Puissant je suis sans force et sans pouvoir, Bien recueilli (*),... [Lire la suite]
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17 octobre 2020

Jacques Lovichi (1937 – 2018) : Jardin

  Jardin   la fourmi qui sur le tronc se hâte ne sait jamais d’où va jaillir la mort   ocre est le mur et ligneuses les herbes deux abricots pourrissent sous le feuilles un hanneton se heurte à chaque souche en vrombissant comme un hélicoptère   sur le dallage un pas léger claudique et le soleil se couche entre les pins cette inscription sur le granit du temps est moins lisible à chaque aube de gloire   Mais la fourmi celle-là ou une autre poursuit sa course éternelle et fragile ... [Lire la suite]
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16 octobre 2020

Georges Perros (1923 – 1978) : « Mon fils mon petit Frédéric... »

  Mon fils mon petit Frédéric qui me dit viens boire un coup Georges qui me connaît me reconnaît et qui cependant m’oublierait si je quittais demain la scène et cette femme près de moi que de larmes quel désarroi à la suite du corbillard où je ferai blême la planche mais demain fauche l’aujourd’hui le lundi n’a plus de dimanche qu’un souvenir qui s’amoindrit au fil des autres jours Mourir n’est vraiment bon que pour soi-même on vit à plusieurs on meurt seul comme on l’était peut-être avant que pour nous faire à... [Lire la suite]
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