li-bai-toasts-the-moon-2[1]

 

Nuit de lune sur le fleuve

 

Doucement la brise sur le fleuve se lève,

Tristement les arbres près du lac frissonnent.

Je monte sur la proue par la belle nuit calme.

On étale les nattes et la barque légère s’élance.

La lune suit la fuite des monts sombres,

L’eau s’écoule avec le ciel bleu,

Aussi profond qu’inversement le Fleuve céleste.

Rien n’est visible, sinon l’ombre mêlée de l’arbre et du nuage.

 

La route du retour est longue, longue ;

L’immensité du fleuve est triste, triste.

Je suis seul, les fleurs d’orchidée s’effacent,

Le chant du pêcheur rappelle ma tristesse.

Le détour escarpé dérobe le rivage en arrière,

Le sable clair signale un écueil par devant.

Je pense à vous, Seigneur, que ma vue n’atteint plus

Et le regard perdu au loin, médite mon regret.

 

Traduit du chinois par Louis Laloy

In, « Choix de poésies chinoises »

Fernand Sorlot éditeur, 1944,

Du même auteur :

Chant de Qiupu (23/10/2016)

En cherchant Maître Yong-Tsouen à son ermitage : (23/10/2017)

Accompagnant un ami (23/10/2018)

Réveil de l’ivresse (23/10/2019)