arton9790[1]

 

Le vent déchirent les feuilles mortes

et les vagues déferlent remontent

sur la plage emportant les pensées

échouées sans suite sur le sable

 

Demeure la table

l’appui fidèle du bois

son passé d’arbres et de racines

force taillée dans la patience

et dans la gravité des forêts

 

Demeure le chat

coquillage de sagesse

enroulé sur la page blanche

 

Le vent déchire les années

déchire aussi

les déchirements de tout ce temps

 

La main d’aujourd’hui rature

les mots douleur et joie

et les remplace

par le seul mot lumière

qui les réconcilie

 

Ainsi n‘est-ce pas

le mot amour

qui dit le mieux l’amour

mais plus simplement

le mot herbe

 

 

Les Portes de la presqu’île

Editions Rougerie, 1990

De la même autrice : « Au lieu de pleurer… » (06/11/2017)