brautigan5[1]

 

Tous surveillés par de machines d’amour et de grâce

 

Il me plaît d’imaginer (et

le plus tôt sera le mieux !)

une prairie cybernétique

où mammifères et ordinateurs

vivent ensemble dans une harmonie

mutuellement programmée

comme de l’eau pure

effleurant un ciel serein.

 

Il me plaît d’imaginer

          (tout de suite s’il vous plaît !)

une forêt cybernétique

peuplée de pins et d’électronique

où le cerf flâne en paix

au milieu des ordinateurs

comme s’ils étaient des fleurs

à boutons rotatifs.

 

Il me plaît d’imaginer

          (et çà doit arriver !)

une écologie cybernétique

où, libérés de nos labeurs

et retournés à la nature

auprès de nos frères et sœurs

mammifères,

nous sommes tous surveillés

par des machines d’amour et de grâce.

 

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par

Niclos Richard, Frédéric Lasaygues

in, Richard Brautigan : « Il pleut en amour » 

Le Castor astral éditeur, 1997

Du même auteur :

30 cents, deux tickets, amour / 30 cents, two transfers, love (17/09/2014)

On ne me l’a jamais fait aussi gentiment / I’ve never had it done so gently before (27/09/2018)

Trou d’étoile / Star hole (27/09/19)

 

All Watched Over by Machines of Loving Grace

I like think (and

the sooner the better !)

of a cybernetic meadow

where mammals and computers

live together in mutually

programming harmony

like pure water

touching clear sky.

 

I like to think

        (right now please !)

of a cybernetic forest

filled with pines and electronics

where deer stroll peacefully

past computers

as if they were flowers 

with spinning blossoms.

 

I like to think

        (it as to be !)

of a cybernetic ecology

where we are free of our labors

and joined back to nature,

returned to our mammal

brothers and sisters,

and all watched over

by machines of loving grace.

Poème précédent en anglais :

Robert Graves : Tiède toile / Cool web (30/08/2020)

Poème suivant en anglais : 

Leanne O’Sullivan : Enfants du Cillínach / Children of the Cillínach (11/10/2020)