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Hélas ! comptez vos jours : les jours qui sont passés

Sont déjà morts pour vous, ceux qui viennent encore

Mourront tous sur le point de leur naissante aurore,

Et moitié de la vie est moitié du décès

 

Ces désirs orgueilleux pêle-mêle entassés,

Ce coeur outrecuidé que votre bras implore,

Cet indomptable bras que votre coeur adore,

La mort les met en gêne, et leur fait le procès.

 

Mille flots, mille écueils, font tête à votre route,

Vous rompez à travers, mais à la fin, sans doute,

Vous serez le butin des écueils et des flots.

 

Une heure vous attend, un moment vous épie,

Bourreaux dénaturés de votre propre vie,

Qui vit avec la peine, et meurt sans le repos.

 

 

Essai de quelques poèmes chrétiens avec les Stances et sonnets de la mort,1588

Du même auteur : « Qui sont, qui sont ceux-là ... » (23/08/2019)