10 juillet 2020

Matsuo Bashō / 芭蕉 松尾 : (1644 – 1694) : « De quel arbre en fleur... »

Basho vu par Tsukioka Yoshitoshi     De quel arbre en fleur je ne sais mais quel parfum !   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010 Du même auteur : « Départ du printemps… » / 行春や鳥啼魚の目は泪 11/08/2014)   « Elles vont mourir… » (16/07/2016) « Usé par le temps… » (23/07/2017) « Puissé-je à la rosée... » (16/07/2018) « Des tréfonds de la pivoine... » (11/07/2019)
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10 juillet 2020

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Cinématographe

  Cinématographe   Une menace de pluie, par exemple, la toiture tutélaire de l’automne domestique, la buée du salpêtre qui se dépose sur les lentes balustres de la nuit, la torride humidité des cruches, tout ce qui en principe survit sous le contrôle de la persistance des images sans nom, me confine dans un enclos de doutes proches de la stupeur, et j’ai du mal à me représenter depuis combien de temps j’aime une histoire que je n’ai jamais vécue.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In,... [Lire la suite]
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09 juillet 2020

André Du Bouchet (1924 – 2001) : Sur le pas

  Sur le pas                                                    Rien ne distingue la route des accidents de ce ciel.     Nous allons sur la paille molle et froide de ce ciel, à peine plus froide que nous, par grandes brassées, comme un feu rompu dont il faut franchir le genou, ... [Lire la suite]
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08 juillet 2020

Michel Leiris (1901 – 1990) : Le fer et la rouille

Gravure de Giacometti, 1961 Le fer et la rouille à Jacques BARON   Si je passe l’espace crie et le sabre des minutes aiguise son tranchant d’os sur la meule du temps les chiens d’orage jappent entre les courroies engendreuses d’étincelles et de tournois de lances le sable coule le long des escaliers du sang chaque marche est une ogive portail ouvert à deux battants passent des aigles qui circulent à travers le val vierge des os un squelette rompt la corde Silence Indice des lèvres des lèvres éclatées qui saignent au... [Lire la suite]
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07 juillet 2020

Xavier Grall (1930 – 1981) : Ci-gît Robin

  Ci-gît Robin Aux poètes de Bretagne   Armand Robin Robin des nuits, Robin des bois et des rivières sans un mot tu t'en es allé dans la paisible mort des pierres du silence Tes yeux fermés sur le rêve libertaire tu gis, tranquille tel le mendiant sous le porche à Rostrenen à Langonnet   Robin, anarchiste du Poher épi trop mûr de la douleur paysanne résidu exilé aux durs pavés de Paris toi l'ami de Maiakowski, d'Essenine et de Calloc'h toi qui chantais la fraternité dans toutes les langues ouvrières ... [Lire la suite]
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06 juillet 2020

Nima Youchidj (1897 – 1959) / علی اسفندیاری : « Qouqouliqou le coq chante... »

  Qouqouliqou le coq chante. Du village blotti dans un creux Du chemin en pente, veine sèche Où le sang reprend sa course dans le corps des morts, Le cri tisse sa trame sur le mur froid de l’aube Et déborde partout dans la plaine :   Le chemin s’est rempli de son chant libre Qui porte à l’oreille l’heureuse nouvelle Indique aux caravanes des contrées mortes La route qui mène aux pays de la vie.   Douce approche Chaleur du sang Battement d’ailes Plumes hérissées. L’oreille aux aguets, la caravane ... [Lire la suite]
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05 juillet 2020

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Le loup et l’agneau

Le loup et l’agneau     La raison du plus fort est toujours la meilleure :        Nous l'allons montrer tout à l'heure.        Un Agneau se désaltérait        Dans le courant d'une onde pure. Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,        Et que la faim en ces lieux attirait. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?        Dit cet animal... [Lire la suite]
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03 juillet 2020

Anna Akhmatova / Анна Ахматова (1889 - 1966) : « Nous ne boirons pas dans le même verre... » / « Не будем пить из одного стакана

  Anna Akhmatova par Amedeo Modigliani       Nous ne boirons pas dans le même verre Ni de l’eau ni du vin doux, Nous n’échangerons pas de baisers le matin, Et le soir nous ne serons pas ensemble à la fenêtre. Ton signe est le soleil ; le mien, la lune ; Mais nous vivons d’un seul amour.   Mon tendre ami fidèle est toujours avec moi, Ton amie joyeuse est toujours avec toi, Mais je comprends l’effroi dans ces yeux gris, Et tu es la cause de mon malaise. Nous espaçons nos rencontres trop brèves. ... [Lire la suite]
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02 juillet 2020

Philippe Jaccottet (1925 -) : Monde

 Monde   Poids des pierres, des pensées   Songes et montagnes n’ont pas même balance   Nous habitons encore un autre monde Peut-être l’intervalle   *        Fleurs couleurs bleue        couches endormies        sommeil des profondeurs          Vous pervenches        en foule        parlant d’absence au passant... [Lire la suite]
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02 juillet 2020

Haizi / 海子 (1964 – 1989) : Tes mains

Tes mains   Au Nord je prenais te mains tes mains gants retirés   sont deux petites lampes et mes épaules deux vieilles bâtisses qui auront tant accueilli même accueilli le soir tes mains posées sur elles les éclairent   ainsi naissaient les matins après l’adieu dans la lumière de l’aube soulevant mon bol de gruau je me souviens que par-delà monts et rivières au nord il y a deux lampes   je ne puis les caresser que de loin   1985   Traduit du chinois par Romain Graziani In,... [Lire la suite]
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