ngananga_kamto[1]

 

je suis né

là où le marigot disparaît /

sous sa peau de déchets

et les maisons sous le voile

de sa colère saisonnière

là dans le voisinage des

vécés / j’ai passé mon enfance

forgé mes rêves de large

dans la crinière folle de l’eau

qui mugit / je me suis

baigné enfant

là où la ville déverse

ses ordures / ses cadavres

dans sa maison dont nous

aurions déguerpi dans

vingt-quatre heures

j’ai pataugé garçon

là dans la boue / des blanchisseurs

du tout Yaoundé

dans la gueule béante

de l’esprit des eaux

qui ne m’a pas encore avalé

je suis né

 

ET VIS

 

Elobi

Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1995