9782070705535[1]

 

Le souffle

 

Hommage au Souffle ! Sous son contrôle

     est cet univers.

Il est le maître de toutes choses.

Tout a en lui ses assises.

 

Hommage, ô Souffle, à ta clameur,

hommage à ton  tonnerre !

Hommage, ô Souffle, à ton éclair,

Hommage à toi, Souffle, quand tu pleus !

 

Quand le Souffle avec son tonnerre

traverse les plantes en rugissant,

celles-ci son fécondées, reçoivent les germes de vie,

et renaissent en grand nombre.

 

Quand la saison venue, le Souffle

traverse les plantes en rugissant,

alors se réjouissent toutes les choses

qui sont à la surface de la terre.

 

Quand le Souffle a complu

de sa pluie la vaste terre,

alors les animaux se réjouissent :

« il y aura abondance pour nous », pensent-ils.

 

Pénétrées de pluie, les plantes

échangent des paroles avec le Souffle : 

« tu as allongé, disent-elles, notre duré de vie,

tu nous a faites toutes parfumées ».

 

Hommage soit à toi quand tu viens,

hommage soit à toi quand tu t’en vas,

hommage à toi quand tu es debout,

hommage à toi enfin quand tu t’assieds !

 

Hommage à toi, Souffle, quand tu respires,

hommage soit à toi quand tu inspires,

hommage à toi quand tu t’éloignes,

hommage à toi quand tu t’approches !

Cet hommage est pour le tout de toi.

 

Le corps aimé qui est tien, ô Souffle,

le corps plus aimé qui est tien, ô Souffle,

et le remède qui est à toi,

assigne-les-nous pour que nous vivions !

 

Le Souffle revêt les êtres

comme le père revêt son fils aimé,

le Souffle est maître de toutes choses,

de ce qui respire et ne respire pas.

 

Le Souffle est la mort, le Souffle est la fièvre,

les dieux reconnaissent le Souffle pour tel

C’est le Souffle qui dispose dans le monde

suprême l’être qui dit la vérité.

 

Traduit du sanskrit par Louis Renou

In, « Hymnes spéculatifs du Véda »