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Dans la grand’hune

 

La mer m’a versé son breuvage

Son lait, salé d’un sel amer ;

Et j’ai grandi comme un sauvage

Sur le sein libre de la mer.

 

La mer, de ses rudes caresses,

A pétri mon cœur et ma chair ;

Ce sont de farouches tendresses

Que les tendresses de la mer.

 

La mer m’a chanté l’aventure,

L’espace, la vie au grand air.

Je suis un oiseau de mâture,

Un goéland, fils de la mer !

 

Et si, dans ma chanson bretonne,

Un souffle passe, large et fier,

C’est qu’en moi gémit, hurle et tonne

L’âme innombrable de la mer.

 

La chanson de la Bretagne

Editions Calmann Lévy, 1892