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 Monde

 

Poids des pierres, des pensées

 

Songes et montagnes

n’ont pas même balance

 

Nous habitons encore un autre monde

Peut-être l’intervalle

 

*

       Fleurs couleurs bleue

       couches endormies

       sommeil des profondeurs

 

       Vous pervenches

       en foule

       parlant d’absence au passant

 

*

     Sérénité

 

     L’ombre qui est dans la lumière

     pareille à une fumée bleue

 

*

   Peu m’importe le commencement du monde

 

   Maintenant ses feuilles bougent

   maintenant c’est un arbre immense

   dont je touche le bois navré

 

   Et la lumière à travers lui

   brille de larmes

 

*

Accepter ne se peut

comprendre ne se peut

on ne peut pas vouloir accepter ni comprendre

 

On avance peu à peu

comme un colporteur

d’une aube à l’autre

 

VIATIQUE

 

       Oiseau sorti de la forge

 

       Dans la poussière de l’après-midi

       dans l’odeur du fumier

       dans la lumière de la place

 

       Puisses-tu seulement

       l’avoir vu sans le comprendre

       avant de changer de village

 

       N’étais-ce pas

       l’indestructible ?

 

*

          Monde né d’une déchirure

          Apparu pour être fumée !

 

          Néanmoins la lampe allumée

          sur l’interminable lecture

 

Airs. Poèmes 1961 – 1964

Editions Gallimard,1967

Du même auteur :

« … qu’est-ce qu’un lieu ? » (27/06/2014) 

 « Toute fleur n’est que de la nuit… » (27/06/2015)

Oiseaux invisibles (27/06/2016)

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« Dis encore cela... » (03/07/2018)

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