10 juin 2020

David – Herbert Lawrence (1885 - 1930) : Renaissance /Renascence

  Renaissance   Nous n’avons pas mordu dans la pomme interdite,           Eve ni moi Pourtant les éclats du jour et de la nuit Tombant autour de nous, ne pommèlent plus La même vallée de violet et de blanc.   C’est bien notre paisible val,           Notre Eden, notre demeure ; Mais le jour la fait voir qui sent intensément, Er la pâleur de la nuit ne s’accorde pas Au sommeil profond qui lui faisait un toit. ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

09 juin 2020

Titos Patrikios / Τίτος Πατρίκιος (1928 -) : Les zèbres / Οἱ ζέβρες

  Les zèbres   Lumière entre les lattes en bois des persiennes d’hôtel mi-closes à gauche sur la place de la gare lumière qui tombait découpée en lanières nous couvrant d’une peau de zèbre et les deux zèbres luttaient dans la lumière et l’ombre marqués de rayures blanches et noires en diagonale par les phares des voitures plongée blanche et noire dans ta chair. Parfois je vois encore après tant d’années des marques blanches et noires de zèbre sur ma peau étant seul à l’hôtel dans une ville du bord de mer. ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 juin 2020

Ilarie Voronca (1903 – 1946) : « Quand nos âmes seront réunies... »

  VIII   Quand nos âmes seront réunies depuis des milliers d’années Et que nous pèserons moins que des nuages sur la cime des montagnes Quand, même la faible lumière du couchant fera frissonner les feuilles Plus que ne le feront nos souffles aériens dans les branches.   Sans espace et sans temps. Transparents l’un dans l’autre Chacun de nous étant l’autre enfin et lui-même Je t’implorerai soudain : montre-moi un instant En la forme que j’adorais autrefois sur la terre.   Oui, reprends pour un... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 juin 2020

James Sacré (1939 -) : Oiseaux qui sont dans le cœur des arbres

  Oiseaux qui sont dans le cœur des arbres     Ramiers dans les arbres les grands au fond du dernier pâtis après les chemins les derniers toits ramiers dans les branches repos ils y sont restés (peut-être) pourtant combien de fusils tant de poèmes pourtant les tracteurs les remembrements pourtant dans les arbres toujours et ce mot ramier (piège ou rien ?) dans ramure ou poème.   Pigeon plumes dans le centre du cœur des arbres (grands chênes dans les bas) ils sont arrivés par bande un soir ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 juin 2020

Francis Ponge (1899 – 1998) : La cruche

La Cruche        Pas d’autre mot qui sonne comme cruche. Grâce à cet U qui s’ouvre en son milieu, cruche est plus creux que creux et l’est à sa façon. C’est un creux entouré d’une terre fragile : rugueuse et fêlable à merci.        Cruche d’abord est vide et le plus tôt possible vide encore.      Cruche vide est sonore.      Cruche d’abord est vide et s’emplit en chantant.      De si peu haut que l’eau s’y... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 juin 2020

Armand Robin (1912 -1961) : Me conduire en des lieux écartés

Association Liber-Terre de Pontivy, photo-montage avec une photo d’Armand Robin (à 17 ans).   Me conduire en des lieux écartés        Avant que ma voix ne devienne isolée, j’eus mon pays près de moi. Les fontaines, les joncs, les chevaux étaient les relais de mes voyages ; de lentes et claires eaux étaient mes promenades ; et mon sommeil était d’un feuillage tendrement et lentement gonflé de bruits. * Les fontaines, les plantes, les incertaines lunes Furent mon logis ; les ronces... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 juin 2020

Jacques Prevel (1915 – 1951) : Tous nos amis sont morts

Jacques Prevel de profil, par Antonin Artaud Tous nos amis sont morts A Roger-Gilbert Lecomte, René Daumal, Hendrick Kramer, Luc Diétrich.   Tous nos amis sont morts Nous nous sommes égarés malgré tous nos espoirs Mais nous étions des êtres incapables de mourir Et nous avons été trop semblables à nous-mêmes Et jamais personne ne comprendra Jamais personne ne nous entendra Jamais personne ne se souviendra   Et ce soir avec ma poitrine ouverte A tous les battements d’un lourd désastre Je me souviens avec mes... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
03 juin 2020

Ihara Saikaku / 井原 西鶴 (1642 – 1693) : « Changement d’habits... »

  Changement d’habits – le printemps a disparu dans la grande malle   Traduit du japonais par Roger Munier In, « Haïkus des quatre saisons » Editions du Seuil, 2010
Posté par bernard22 à 01:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
02 juin 2020

Attila József (1905 - 1937) : « Dans un ciel couleur de métal... »

Attila Joszef, par Vince Korda. Paris, 1927. Musée littéraire Petofi, Budapest.   Dans un ciel couleur de métal, l’éclat froid d’une dynamo. Oh silence de ma bonne étoile ! De mes dents, l’étincelle d’un mot –   En moi le passé comme une pierre tombe dans l’infini silencieux. Le temps s’enfuit, pâle et muet. Lueur d’une lame : mes cheveux –   Ma moustache rampe, alourdie, chenille sur ma bouche éteinte. Mal au coeur, les mots ont tiédi. Mais qui serait là pour entendre –   Traduit du... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
01 juin 2020

Robert Marteau (1925 – 2011) : « J’aime au linge... »

  J’aime au linge associer la guêpe Surtout si l’été fut clair et l’ombre striée Par les fentes des volets. Le sang court plus vite Dans les vaisseaux et on voit mieux les taches Sur la peau des vipères. Même les ronces deviennent Venimeuses, les femmes descendent vers la rive Et regardent dans l’eau trembler leur corps Parmi les peupliers. Le linge à cause des guêpes Se fait ruche et guêpière, lacère les hanches, Sur la mousse s’amoncelle et débordant des brouettes Livre au courant ses taches, ses lunes, ses... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 00:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :