Sauser-Cendrars-1908-copie[1]

 

Journal

 

Christ

Voici plus d’un an que je n’ai plus pensé à Vous

Depuis que j’ai écrit mon avant-dernier poème Pâques

Ma vie a bien changé depuis

Mais je suis toujours le même

J’ai même voulu devenir peintre

Voici les tableaux que j’ai faits et qui ce soir pendent aux murs

Ils m’ouvrent d’étranges vues sur moi-même qui me font penser à Vous.
 

 

Christ

La vie

Voilà ce que j’ai fouillé
 

 

Mes peintures me font mal

Je suis trop passionné

Tout est orangé.
 

 

J’ai passé une triste journée à penser à mes amis

Et à lire le journal

Christ

Vie crucifiée dans le journal grand ouvert que je tiens les bras tendus

 

Fusées

Ébullition

Cris.

On dirait un aéroplane qui tombe.

C’est moi.
 

 

Passion

Feu

Roman-feuilleton

Journal

On a beau ne pas vouloir parler de soi-même

Il faut parfois crier
 

 

 

Je suis l’autre

Trop sensible

Août 1913.

 

In, Revue « Les soirées de Paris, N°23, 15 Avril 1914 »

Du même auteur :

Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France (11/05/2014)

Pâques à New –York (04/05/2015)

Portrait / Atelier (04/05/2016)

Le Panama ou les aventures de mes sept oncles (04/05/2017)

Le ventre de ma mère (04/05/2018)