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Qui n’a pas aimé tes yeux...

 

Au creux d’une paume tremblée

la nuit s’allonge et ton sommeil

rend la nuit aux étoiles

Du croissant de lune au jour

quand les arbres s’endorment doucement

tes paupières baissées

murmurent une femme des bords de sable et de mer

J’ai posé une prière sur tes épaules

mot après mot

j’efface le langage

le silence est une histoire pour le plus profond de la nuit

Qui n’a pas aimé tes yeux

n’a jamais aimé

Qui n’a pas aimé tes yeux...

Refermer la main en son tremblement

emprisonner la nuit

puis la libérer

tu y dors au bout de moi

Je viens rêver que je te rêve

Qui n’a pas aimé tes yeux

n’a jamais aimé...

 

In, Maram al-Masri : « Anthologie des femmes poètes du monde arabe »

Le Temps des Cerises, éditeurs, 2019

De la même autrice : Où sont les miens ? (24/06/2019)