Antonin+Artaud%252C+Jacques+Prevel+de+profil[1]Jacques Prevel de profil, par Antonin Artaud

Tous nos amis sont morts

A Roger-Gilbert Lecomte, René Daumal,

Hendrick Kramer, Luc Diétrich.

 

Tous nos amis sont morts

Nous nous sommes égarés malgré tous nos espoirs

Mais nous étions des êtres incapables de mourir

Et nous avons été trop semblables à nous-mêmes

Et jamais personne ne comprendra

Jamais personne ne nous entendra

Jamais personne ne se souviendra

 

Et ce soir avec ma poitrine ouverte

A tous les battements d’un lourd désastre

Je me souviens avec mes larmes

Et je sais que nous étions les seuls présents et éternels

Les seuls capables de reprendre l’Héritage

De nous dresser comme des socs

Et dé déchirer ce temps mort

 

En dérive vers l’absolu

Editions Seghers, 1952

Du même auteur :

 « Dans le temps, dans la nuit... » (04/06/2014)

« Ce que je peux dire… » (04/06/2015)

« Enfant je me suis étonné… » (04/06/2016)

« Au moment d’écrire… » (04/06/2017)

« J’ai souffert... » (04/06/2018)

En dérive vers l’absolu (04/06/2019)