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Air du temps

 

Nuage

Un cheval blanc s’élève

et c’est l’auberge à l’aube où s’éveillera le premier venu

Vas-tu traîner toute ta vie au milieu du monde

à demi mort

à demi endormi

Est-ce que tu n’es pas fatigué des lieux communs

Les gens te regardent sans rire

Ils ont des yeux de verre

Tu passes Tu perds ton temps. Tu passes

Tu comptes jusqu’à cent et tu triches pour tuer dix secondes encore

Tu étends le bras longuement pour vieillir

N’aie pas peur

Un jour ou l’autre

il n’y aura plus qu’un jour et puis un jour

et puis ça y est

plus besoin de voir les hommes

Ni ces bêtes à Bon Dieu qu’ils caressent de temps en temps

Plus besoin de parler tout seul la nuit pour ne pas entendre les plaintes de la

     cheminée

Plus besoin de soulever mes paupières

ni de lancer mon sang comme un disque

ni de respirer malgré moi

Pourtant je ne désire pas mourir

Le grelot de mon cœur chante à voix basse un espoir très ancien

Cette musique Je sais bien Mais les paroles

Que disaient au juste les paroles

 

Imbécile

 

In, revue « aventure, N°1, novembre », 1921

Du même auteur :

Vingt ans après (24/05/2014)

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