s-l300[1]

 

Ô Fontaine Bellerie,

Belle fontaine chérie

De nos Nymphes quand ton eau

Les cache au creux de ta source,

Fuyantes le Satyreau,

Qui les pourchasse à la course

Jusqu’au bord de ton ruisseau, 

 

Tu es la Nymphe éternelle

De ma terre paternelle :

Pource en ce pré verdelet

Vois ton Poète qui t’orne

D’un petit chevreau de lait,

A qui l’une et l’autre corne

Sortent du front nouvelet.

 

L’Été je dors ou repose

Sur ton herbe, où je compose,

Caché sous tes saules verts,

Je ne sais quoi, qui ta gloire

Envoira par l’univers,

Commandant à la Mémoire

Que tu vives par mes vers.

 

L’ardeur de la Canicule

Ton vert rivage ne brûle,

Tellement qu’en toutes parts

Ton ombre est épaisse et drue

Aux pasteurs venant des parcs,

Aux boeufs las de la charrue,

Et au bestial épars.

 

Iô ! tu seras sans cesse

Des fontaines la princesse,

Moi célébrant le conduit

Du rocher percé, qui darde

Avec un enroué bruit

L’eau de ta source jasarde

Qui trépillante se suit.

 

Odes II, 9 

Du même auteur :

« Mignonne, allons voir si la rose… » (20/05/2014)

« Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose… » (20/05/2015)

Madrigal (20/05/2016)

« Quand vous serez bien vieille… » (20/05/2017)

« Maîtresse, embrasse-moi… » (20/05/2018)

A un bel aubépin (09/05/2019)