Paul_Dirmeikis-2016[1]

 

L’épaule d’Orphée

 

- Dix stances de sel –

 

STANCE I

 

Chœur de la blessure :

Voici donc le partage à la jarre !

Deux mains qui s’éloignent après l’étreinte

du cilice à vos reins lissant au ciel

ses veines comme des rives bleuies.

 

Voici dans l’orne le tracé gravide

où la lyre d’Orphée se déliera

Voici aux cornes alliées à vos âmes

sa drège de cordes comme des lames

au fil des cœurs à vif et sans mémoire

 

Voici les noces du sel et de la plaie !

Les voici à vos lèvres vos aveux

emmêlés en vos syllabes à vos sillages

ainsi que l’ombre au nombre le son au sang

l’absence à l’argile l’arme à l’ambre

 

Voici qu’à l’aine du secret se lit

la sève qui hors de vos rêves se déplie

hors de vos reins cassés dans l’aube glacée

Voici qu’enfin il vous faut étreindre

L’errance entre ces mondes qui vous accouchent !

 

Posez vos paumes sur les épaules d’Orphée

Voici qu’il faut choisir entre vous et vous

Entre feu et flamme ivresse et calice

Posez vos serments d’homme dans ses mains

ainsi que la raison à son sarment

Les douleurs y longeront leurs lignes

croisant celles de ces heures si douces

où vous pensiez être davantage qu’un leurre

à votre durée à l’anneau des moissons !

 

Voici qu’enfin Orphée votre face façonne !

Mais c’est au givre que vous ressemblerez

D’un seul linceul de vos lois vous couvrirez

ce corps qui se dérobait aux offrandes

Et vos fuites vous enfanteront sans fin

Vous partirez vous poserez le regard

de ceux qui s’endorment comme un souvenir

sali sur l’épaule d’Orphée descellée

 

Souvenez-vous toujours de l’autre monde

Qu’importe votre place elle n’existera

à vos lèvres qu’à l’empreinte des embruns

Vous vous retournerez toujours vers ces vents

où les orfraies s’embrasaient vers l’orient !

Votre vie entre vos bras lisses passera

Vous ne serez plus qu’un geste détissé

Une étole tombée ne dénudant rien

 

STANCE II

 

Chœur du soir tombant :

Femmes en voiles noirs en deuil du Temps qui va

vous venez des vents et du vertige des hommes

votre pas est vif avant vos nuits de fête

vous vous souvenez des soirs d’il y a longtemps

 

Récitatif :

« Ta famille alors tenait table ouverte

pour les gueux les anges et les fils prodigues

- et toi le puîné tu t’en iras aussi

périr parmi les étoiles – chacun voudra

oublier cette douloureuse douceur

des choses qui n’ont de sens que d’avoir été »

 

Chœur des vagues :

Femmes en voiles vous menez vos souvenirs

ainsi qu’un troupeau paissant vers les rivages

 

Récitatif :

« Sur la corniche des plages les voitures

sont en cortège Vous rentrez Sur les vitres

la buée des défunts dilue les visages

plus absents que le regard d’Eurydice »

 

Chœur du reproche :

Familles avec vos charrois de choses tues

que vous tissez têtues au lin des Autres

vous faussez ainsi la ronce des tendresses

la cerisaie de vos rires et des ires

les allées des choses sûres et des celliers

Récitatif :

« Entre les récifs vous êtes les défunts

à vous-mêmes et à vos rêves du lever

Vous vous suivez plus absents que la caresse

d’Eurydice plus éphémères que son heure

plus blessants que la fuite de son baiser »

 

Chœur des roses noires :

Femmes aux pèlerines de nuits longues

Vos regards s’enlacent au regard d’Orphée

 

Aria d’Orphée :

Et moi Orphée je détournerai mes yeux

Vers les vagues plus lourdes que ton silence

M’y abreuvant alors d’un vin de guêpes

Du vin de l’orge aux cambrures de pavot

Plus épais qu’un manteau à mon épaule

Plus fruité que l’ambre de mes ancêtres

 

Chœur des regards :

Femmes qui veillez à nos envols obliques

plus seules à présent qu’en votre seule mémoire

vous tisserez votre toile à notre autel

Vos téléphones portables vibreront

aussitôt qu’un cœur là-bas battra trop fort

Vous recueillerez l’offrande des vies vides

Vos chemins au sol de cendre descendent

doucement vers l’ample pertuis des oublis

 

STANCE III

 

Aria d’Orphée :

Depuis le premier de nos jours Eurydice

je suis en deuil de toi – est-il possible

d’aimer sans ton départ ? – Vois ces restanques

sans rivages d’où le céraste doit naître

ainsi qu’une mort sûre fissure à nos flancs

à l’heure où les lignes tracées dans nos draps

sont celles que jamais nulle gitane ne lira

 

Qu’avons-nous extrait qui fut enfoui en nous ?

Qu’avons-nous mordu ? Qui nous a déchirés ?

Nos secrets ne sont plus qu’un marque-page

crissant au livre encore ouvert de l’hiver

 

En ce solstice tu tisses mon deuil La lune

s’est levée lovée à mes lèvres liées

Tu mènes mon deuil en ce cortège de braises

qui se grave sous la frayère de nos pas

Lune rousse ainsi que te chanta Lorca

dans l’indécise complainte des soleils

couchants lorsque son cœur son cœur a brûlé

à Grenade dans cette écume grenat

des douze pur-sang naissant de la lune !

Lune rousse des amazones croissant

de sang au cri des selles scellé ! Lune

rousse moi Orphée je te recueillerai

en ma douleur Versant du vent au visage

traîne d’étincelles henné teintant tes ailes

aux fauves aisselles de tes hennissements !

L’amour comme le feu détruit qui le nourrit

et nourrit ce qu’il consume Ô Eurydice

ton absence est au souffle de ces chevaux

ce qu’est l’étreinte au ressac de mon chant

 

STANCE IV

 

Aria d’Orphée :

Moi Orphée je vous dis qu’il n’est de vie que

dans un chant qu’il n’est de vie que dans un cri

dans l’ivresse et la perte yeux clos brasier

en dedans sanglot de sable blanc avec

la douleur d’aimer fichée dans votre dos

toutes vos idoles demeures incendiées

les tiroirs de votre mémoire éventrés

 

Il n’est de vie hommes de cette fin des temps

qu’en l’Absence Si vos jours se ressemblent

homme des siestes et du jeu c’est que vous êtes

pleins et que le feu ne naît que dans l’orière

évidée de l’être entre ses deux navires

 

Moi Orphée je claque ici le chant des sèves !

Si je lève mon regard par-delà mon

épaule c’est pour perdre tout le savoir

consumer ces serments oracles que j’ai

grattés contre les margelles de vos puits

 

STANCE V

 

Aria d’Orphée :

Moi Orphée je chante ceci Eurydice

s’embrase et s’en va au regard de chacun

Vous regardez derrière mon épaule hommes

des lassitudes des quais humides et tous

vous avez la Mort derrière vos paupières

la mort et le remords des marées la Mort

de l’Autre et sa reconnaissance conquise

 

Chœur au bord des quais :

Tous comme Iranaké vous revenez de

cette contrée où l’impudeur des larmes

vous console de vos corruptions et de la

mésalliance du ciel Comme lui vous lavez

le seuil de l’âme aux grandes eaux du détroit

Comme lui vous serrez la douleur contre

le silence plus lancinant et plus lent

qu’une ancre en vous lancée et c’est votre enfer

que vous signez de vos oeuvres Nul enfer

n’a la semblance d’un autre enfer car c’est

à notre image que chaque enfer se crée

comme au reflet de vos demeures où dorment

vos rêves et vos enfants Et leurs chevelures

d’algues glaiseuses et de glènes sont les sentiers

où vous perdrez pour souffrir de cette perte

de l’enfance Personne ici n’avouera

le nom de ses amours Aux plis de l’âme

au lit de l’aine l’épaule d’Orphée luit

comme une fuite Sur le quai où leurs clés

furent lancées comme un défi au soir qui tombe

les hommes à l’âme nomade se serrent

les uns contre les autres portant leur feu

à bout de lèvres pour offrir à l’aimée

son reflet de lune Elle s’y verra mentir

à ceux qui se croyaient si proches Qu’en son

mensonge son échine s’orne de sauge

de coriandre et de drisses ! Qu’elle dresse

au ciel ses drèges lourdes de leurs serments !

Qu’en sa fourche Orphée tisse l’ambre moire

Où s’enfante l’aimée au chant de sa faute !

 

STANCE VI

 

Chœur du temps dans les herbes :

Ici en cette ortie des temps ce ressac

inconsolable les silences fermentent

entre flancs et gîtes Hommes de l’environ

hommes des ruches ici à cette fourche

entre sang et fidèle ombre du songe

à ce rouge où se forgent vos exodes

hommes des jardins hommes des bas murets

dans vos alcôves d’herbages et de corne

vous scellez vos enfants sans face qui vous serrent

comme seule la mort saura vous serrer

Ici vous scellez l’Eurydice qui scella

vos lèvres à l’écume orange des serments

Hommes du millet hommes de la résine !

 

Aria d’Orphée :

Ici moi Orphée comme on ouvre ses ailes

j’attends Et ma douleur s’affamera plus

à l’orge de mon regard qu’à mon épaule

qu’à ce seuil des détresses et des rédemptions

 

Récitatif :

Eurydice suit ses pas mais elle les mène

Derrière son épaule mais si loin devant !

Semant des reflets d’Orphée dans ses larmes

traçant son absence afin qu’il la chasse

 

Aria d’Orphée :

Moi Orphée je vous dis que mon chant n’est que

salive d’hère léchant le sel séchant au ciel

Et lorsque derrière mon épaule je regarde

l’impossible distance qu’est son cops blanc

est une lumière plus blanche que les huiles

et les épices de mes pays d’exil

Alors qu’avec Eurydice disparaîtra

cette profondeur affleurant tout visage

se calcinant comme un secret de saunage

moi Orphée je lui offrirai ce vide

qu’elle m’offre à l’aune de ses mains cachées

Je prononcerai son nom comme on appuie

sur une plaie Je la retrouverai

dans les détroits des soirs de fête remontant

le courant vers ses lèvres et vers ses rousses

frayeurs dissimulées sous sa noire simarre

 

Mais saurai-je attendre qu’elle me reconnaisse

même si elle clame son ombre parmi

les ombres ? Même si elle pense taire

l’éclair de mes saisons d’homme dans les premières

paroles du jour ? Même si elle feint d’ignorer

la moiteur de ses chevilles et les ruches

orantes de ses seins ? Saurai-je l’atteindre

épouse impassible lune à l’haleine

d’épeautre message toujours tu dans l’opaque

des voiles que j’ôterai automnes d’henné

comme à une morte dans les bras rémeils

de ses amants ? Heurtera-t-elle mon luth à

ma détresse drisse claquant au-dessus

de mon épaule ? Et l’empan de ma fièvre

coupable se mesurera à l’espace

entre deux de ses pas au pas des renards

 

STANCE VII

 

Récitatif :

Son baiser plus fugace qu’une promesse

ses gestes plus bagués qu’un oiseau de loin

sa parole plus aride qu’un ergot

Eurydice est une nuit plantée d’étrives

Et Orphée blasonne ses rares marées

à l’aine court l’inassouvie blessure

de vivre où se fend la soie des poivres verts

dans ce qui demeure son souffle d’homme

 

Aria d’Orphée :

Moi Orphée au front de sable d’où se retire

l’ivresse sans âge des océans sans césure

j’attends de brûler à l’airelle de tes lèvres

lorsque tu prononceras mon nom J’attends

d’être l’étoupe de ta secrète transe

sacrant de mes cendres tes silences infâmes

 

STANCE VIII

 

Chœur du matin au port :

Ce monde est un long sommeil là les oiseaux

en strette au ras des vagues grignées des rêves

des hommes l’aube défroissée Là leurs lits

qu’ils retapent toujours d’une seule main

Sentez l’odeur du café des meubles froids

 

Voici les seuils et les leurres Ô croyez-vous

que la vie soit là dans le soupir cernant

le son dans l’avant ou l’après au tissu

oblique des soirs qui sont toujours d’hiver ?

Le croyez-vous hommes des sentiers battus

hommes des fausses fêtes et de l’indistinct ?

L’instrument n’est pas la fugue mais son vase

et sa cendre Ainsi ce monde n’est pas le feu

mais simultanément silex et silence

Aussi douce soit-elle la voix n’est pas le Chant

 

Aria d’Orphée :

Et moi Orphée si derrière mon épaule

je guette le pas qui me précèdera

c’est afin de m’enfanter à cette rive

qui seule a puissance sur la glaise du temps

sur la gloire de marcher sur cette Terre

Tu le sais bien la mort dort à nos côtés

fil invisible infesté de notre souffle d’aîné

à l’ourlet des moments elle tisse et hisse

l’obscène dentelle de ronces et d’oubli

Nous n’emporterons rien mon aimée qu’un monde

en sommeil où nous aurons craint de brûler

et aurons tout perdu de ne perdre rien

 

Et moi Orphée je vous livre mon secret

la vie est un vol N’acceptez de baisers

qui n’aient été dérobés à la fragile

étoffe de cette faute à soi-même

à la douleur d’encore errer du calame

 

Voyez cette trace sous le cilice

c’est la plaie des prudences et de l’attente

C’est là à cet ourlet de belladone

 qu’il vous faut boire le vin de la durée

Soyez ceux qui dévoilent soyez ceux qui volent

Soyez l’ortie le vertige de l’horizon

 

Derrière mon épaule tu t’es embrasée

ô mon aimée que je nomme et qui m’oublie

toi qui m’oublieras en toi afin d’être

celle qui renaît sel au ciel essaimé

 

STANCE IX

 

Récitatif :

Comme à la cluse écartée d’un équinoxe

comme un jour toujours plus loin encore trop loin

Orphée agraine les vents et leurs essaims

les sueurs les déhiscences les ressacs

les salives les hymens leurs complices ferments

 

En lui s’enlacent et s’enfouissent les serments

plus émouvants qu’une foudre et plus soyeux

que l’absence des sirènes au lierre des aveux !

 

En lui Eurydice a taillé un sillon

où s’est asséché le temps commun des hommes

Et là dans la faille de cette femme

dans l’ambre fauve où se heurte sa fuite

s’ouvre le songe d’une marée sans grèves

 

Au calice des silènes ses seins s’y évasent

Comme le ventre chaud des oiseaux de mer

 

Chœur au noyau des voyages :

Toutes vos caresses sont inachevées

Mordez donc au fruit jusqu’à son illusion

A la hanche de l’aube frémit l’abîme

d’argile et de lin où vous vous cambrerez

 

Aria d’Orphée :

C’est dans tes yeux que je suis entré plus loin

qu’un sexe d’homme peut consumer une âme

C’est dans tes yeux que je peux lire le Chant

de mon exil et de mon erreur d’homme

C’est dans tes yeux que j’oublie le premier jour

pour étirer la trame de mon voyage

pitoyable voyage entre âge et trochée

 

STANCE X

 

Aria d’Eurydice :

C’est vers mon ombre que tu t’es retourné

vers les saisons que j’enclos en mes baisers

vers ce que tu ignores et ne comprends pas

Pourquoi m’étreindre comme on oringue une reine ?

Et si à mon enivrement d’être aimée

prévalait la torpeur de mon absence ?

Qui es-tu pour croire que l’homme veut la vie ?

Tu baises mes pourpres paupières et dès lors

Tu les pense nervurées d’éternité !

 

J’aime à me cacher ainsi que tout mortel

entre les mots que je tais je secrète

un pavot plus utérin que n’est le Styx

 

Regarde-moi ! Mêle-moi à ce qui fuit !

Regarde-moi ! Détresse-moi de ton Chant !

Qui est-tu pour offrir à l’homme de l’Être ?

Crois-tu que de feu ton Chant soit plus grisant

que d’enfance les complaintes des sirènes ?

 

Laisse-moi auprès de ceux qui te sont sourds

hommes au cou court hommes des éteignoirs

hommes du dessus et des copineries

auprès de ceux qui se sont ferrés eux-mêmes

à l’hameçon douceâtre du temps qui passe

hommes du ras-bord où nul exode ne saillit

 

Chœur de l’anthère du feu :

Pour vous Orphée est aussi inconcevable

que la trahison la fressure du non-dit

que cette femme qui s’éloigne de vous

qui toujours s’est éloignée depuis ce jour

où le doute d’être aimé vous a quittés

 

Aria d’Eurydice :

Laisse-moi au-delà de ton épaule

le sel que tu chantes cette limaille

de l’âme que tu dérobes à nos sommeils

m’est plus inaccessible qu’à toi ma caresse

 

Tu me perds Orphée tu ne peux que perdre

entre le Chant et son lieu tu te méprises

et tu ne peux voir que derrière ton épaule

Devant il n’y a que la gloire de mourir

Devant j’aurais posé mes pas dans tes pas

j’aurais dépoli mon corps contre ta corne

Devant il y a nos désobéissances

 

Aria final d’Orphée :

 

Qui donc es-tu pour t’en aller aussitôt

qu’arrivée ? Et si jamais mon Chant ne vient

qu’en aucune de vos demeures je ne dorme

Que mon lit soit celui des fleuves infidèles

Que mes draps soient les vents qui nous ont brûlés

Que nuit après nuit je puisse me blottir

contre l’indigente absence à moi-même

Que je sois le plus injuste des silex

Que par la nasse de mon Rêve ne naissent

que les mots dont je ne saurai jamais rien

 

Notre monde l’enfer ou le paradis

le silence ou la parole est un monde

où on s’éteint un monde où on est un

Si je me retourne je me sépare

de ma lyre je deviens l’écart entre

ses cordes comme le vide entre les mots

Je ne m’endors jamais Qui a vu l’espace

s’assoupir entre la scission des salves ?

 

Aussi Ménades gardiennes du repos

cerbères des guérisons et des longues nuits

venez me parceller et m’éparpiller

pour couper la voie du feu me traversant

Que cesse la contagion de l’illimité !

Ô prêtresses des décences vaccinez

ce monde des crues et des cris !

 

Vous vaincrez Vous avez même déjà vaincu

Et moi Orphée je ne suis que perte exil

ode de la Thrace et de mes traces de braise

Qui boira à mes lèvres qui salivent

l’aveu des secrets et leur sang en amont ?

Je suis le feu sa fin sa renaissance

C’est l’inacceptable perte qui me grée

d’une voile noire cette mémoire

inachevable de nos dépossessions

 

Souffle ô Esprit qui sépare ! Souffle en nous

pour que nous puissions encore nous avouer

« Personne non personne de ce monde

personne n’a pu me regarder ainsi »

 

L’Epaule d’Orphée suivi de L’anneau sans frontières

L’Eveilleur, 22190 Plérin

 

Du même auteur : « Pas d’avantage que d’aucuns ... » (20/04/2019)