Max-Jacob[1]

 Agonie

 

Mon Dieu ! que je suis las d’être sans espérance,

de rouler le tonneau lourd de ma déchéance

et sans moyens d’en finir avec la terre.

Je transporte Satan comme un intermédiaire,

j’écorne mon blason avec mes haut-le-corps,

je tourne chaque nuit mes visions vers les morts,

je frappe avec mon crâne aux rochers de l’enfer,

et les draps de mon lit sont en paille de fer.

Souvent dans mon sommeil la même île électrique

marque en couteau de sang mes noms patronymiques

sur ma peau. Membres, paquets d’anguilles

qu’avec un gai rictus les diables échenilles.

 

Derniers poèmes,

Editions Gallimard, 1945

Du même auteur :

Avenue du Maine (22/01/2014)

La Terre (22/03/2015)

La saltimbanque en wagon de troisième classe (17/04/2016)

Vie et marée (17/04/2017)

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 Le Kamichi (17/04/2019)