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Vous avez fini de sonner le glas

Au roulement cadencé des tambours

Sur tous les horizons, derrière les cercueils

Suivant de près les drapeaux.

Vous avez fini de vous apitoyer sur les plaies et les larmes

Dans les villes détruites – tas de ruines.

Et plus personne ne crie : « Mon Dieu,

Pourquoi m’as-tu abandonné ? » De la poitrine trouée

Ne coulent plus le lait ni le sang.

Et maintenant que vous avez camouflé vos canons

Parmi les magnolias, laissez-nous donc

Un jour sans armes sur le gazon

Au bruit de l’eau ruisselante,

Des feuilles fraîches de roseau dans nos cheveux,

Et tout en étreignant la femme qui nous aime.

Puisse-t-elle d’un coup sonner avant la nuit

L’heure du couvre-feu ! Un jour, rien qu’un seul

Jour pour nous, ô maîtres de la terre,

Avant que derechef grondent l’air et le feu

Et que nous brûle un éclat en plein front.

 

Traduit de l’italien par Sicca Vernier

in, « Poètes d’Italie. Anthologie, des origines à nos jours »

Editions de la Table Ronde, 1999

Du même auteur :

Et c’est bientôt le soir / Ed è subito sera (01/11/2014)

« Voilà plusieurs nuits déjà… » (15/04/2018)

Devant le gisant d’Ilaria del Carretto / Davanti al simulacro d’Ilaria Del Carretto (15/04/2019)

 

 

 

Avete finito di battere i tamburi

a cadenza di morte su tutti gli orizzonti

dietro le bare strette alle bandiere,

di rendere piaghe e lacrime a pietà

nelle città distrutte, rovina su rovina.

E più nessuno grida: «Mio Dio,

perché m'hai lasciato?» E non scorre più latte

né sangue dal petto forato. E ora

che avete nascosto i cannoni fra le magnolie,

lasciateci un giorno senz'armi sopra l'erba

al rumore dell'acqua in movimento,

delle foglie di canna fresche tra i capelli,

mentre abbracciamo la donna che ci ama.

Che non suoni di colpo'avanti notte

l'ora del coprifuoco. Un giorno, un solo

giorno per noi, o padroni della terra,

prima che rulli ancora l'aria e il ferro

e una scheggia ci bruci in piena fronte.

 

Orfeo Anno Domini MCMXLVII 

Edizioni Curci, Milano (Italia) 1960

Poème précédent en italien :

Dini Campana : Jardin automnal (Florence) / Giardino autunnale (Firenze) (01/02/20)

Poème suivant en italien :

Cesare Pavese: Femmes passionnées / Donne appassionate (18/04/2020)